Vente/achat d’un fond de commerce en Suisse

par | Mis Ă  jour le 27 Nov 2025

Vente/achat d’un fond de commerce en Suisse : guide juridique, fiscal, comptable et administratif

La vente/achat d’un fond de commerce en Suisse est une opération stratégique pour céder ou acquérir une activité existante, qu’il s’agisse d’un commerce de détail, d’un restaurant, d’un cabinet de services ou d’une société industrielle.
À la différence du droit français, le Code des obligations (CO) ne prévoit pas de statut légal autonome pour le « fonds de commerce ». Toutefois, la pratique suisse encadre rigoureusement cette transaction sous diverses formes : cession d’actifs, cession de parts/actions ou transfert de patrimoine selon la Loi sur la fusion (LFus).
Ce guide complet détaille l’ensemble des aspects juridiques, fiscaux, comptables et administratifs pour réussir une vente/achat d’un fond de commerce.

1) Notion et périmètre de la vente/achat d’un fond de commerce en Suisse

En Suisse, il n’existe pas de régime juridique spécifique du fonds de commerce.
On parle plutĂ´t de :

  • Cession d’actifs (asset deal) : vente d’élĂ©ments isolĂ©s (clientèle, stocks, machines, marques, contrats choisis).
  • Cession de parts ou d’actions (share deal) : rachat de la sociĂ©tĂ© entière avec son patrimoine.
  • Transfert de patrimoine au sens de la LFus (art. 69 ss) : transfert « en bloc » d’actifs et de passifs, avec inscription au Registre du commerce et procĂ©dure de protection des crĂ©anciers.

Dans la pratique des fiduciaires suisses (par ex, RISTER – Fiduciaire Genève), PwC), on utilise couramment l’expression vente/achat d’un fond de commerce, mais elle renvoie en réalité à ces mécanismes juridiques distincts.

2) Trois voies juridiques pour la vente/achat d’un fond de commerce

a) Asset deal (cession d’actifs)

Dans un asset deal, le vendeur cède des éléments isolés : clientèle, stocks, machines, marques, contrats choisis.
Chaque actif suit son régime de transfert :

  • Cession de crĂ©ances (art. 164 ss CO),
  • Cession de bail (art. 263 CO),
  • Transfert de propriĂ©tĂ© intellectuelle

Alternative : le transfert de patrimoine universel prévu par la LFus (art. 69 ss).
Un inventaire complet des actifs et passifs est établi, puis déposé au Registre du commerce ; la transmission a alors lieu « en bloc », avec publication officielle et protection des créanciers.
Ce procédé, recommandé par des cabinets fiduciaire comme RISTER, simplifie la vente/achat d’un fond de commerce important en évitant des dizaines de cessions individuelles.

b) Share deal (cession de parts sociales ou d’actions)

Le share deal consiste à acquérir directement la société qui exploite l’activité.
Les contrats, licences, baux, employés et éventuels litiges restent intacts.

  • SĂ rl : la cession de parts sociales exige acte authentique et inscription au Registre du commerce.
  • SA : le transfert des actions nominatives se fait par endossement ou cession Ă©crite, conformĂ©ment aux statuts, sans obligation d’acte notariĂ© fĂ©dĂ©ral, mais sous rĂ©serve de clauses restreignant la transmissibilitĂ©.

Ce mode est souvent privilégié lorsqu’on souhaite une continuité juridique totale.

c) Transfert d’entreprise (droit du travail)

L’article 333 CO encadre la situation des salariés lors d’une vente/achat d’un fond de commerce.
En cas de transfert de l’entreprise ou d’une partie conservant son identité :

  • Les contrats de travail sont transfĂ©rĂ©s automatiquement au repreneur.
  • Les employĂ©s disposent d’un droit d’opposition.
  • L’employeur doit informer et consulter le personnel (art. 333a CO).

Cette obligation, confirmée par la jurisprudence du Tribunal fédéral, est essentielle pour éviter tout litige social.

3) Points juridiques clés lors d’une vente/achat d’un fond de commerce

Une check-list juridique est indispensable pour sécuriser la transaction :

  • Bail commercial (art. 263 CO ): cession possible avec accord du bailleur, qui ne peut refuser que pour motifs sĂ©rieux. L’ancien locataire reste solidairement responsable pendant un temps.
  • Contrats clients et fournisseurs : en asset deal, il faut souvent leur consentement, surtout si une clause de changement de contrĂ´le est prĂ©vue.
  • PropriĂ©tĂ© intellectuelle : la cession de marques, brevets ou noms commerciaux doit ĂŞtre inscrite auprès de l’IPI pour ĂŞtre opposable.
  • Protection des donnĂ©es (nLPD 2023) : informer les clients et employĂ©s, mettre Ă  jour la notice de confidentialitĂ©, vĂ©rifier la base lĂ©gale du transfert.
  • Autorisations sectorielles : dans l’hĂ´tellerie-restauration, par exemple, la licence est personnelle et liĂ©e au lieu. Le repreneur doit demander sa propre autorisation auprès du canton (GE/VD), comme l’indiquent les sites ge.ch et Ville de Lausanne.
  • ContrĂ´le des concentrations (COMCO) : si les seuils sont atteints (CHF 2 milliards de chiffre d’affaires mondial ou CHF 500 millions en Suisse, et au moins CHF 100 millions pour deux entreprises), la transaction doit ĂŞtre notifiĂ©e Ă  la Commission de la concurrence.

4) Fiscalité indirecte : TVA et droits de timbre

La vente/achat d’un fond de commerce peut, selon la pratique de l’Administration fédérale des contributions (AFC) et la brochure TVA “Restructurations”, être considérée comme un transfert d’entreprise ou de branche d’activité autonome (souvent désigné par le terme international Transfer of a Going Concern – TOGC).

Si le repreneur poursuit l’activité et reprend les droits et obligations en matière de TVA suisse, la cession est alors traitée hors du champ d’application de la TVA : aucune TVA n’est facturée, et l’acheteur reprend la position fiscale du vendeur (n° de TVA, droits à déduction, obligations).

Dans le cas contraire — par exemple lors de la vente isolée de stocks, de machines ou de certains actifs —, la cession est soumise à la TVA.

L’AFC peut exiger l’utilisation d’une procédure de déclaration (art. 38 LTVA), notamment si la transaction comporte des immeubles.

Définition en droit suisse (pratique de l’AFC)

Selon la doctrine fiscale et la pratique administrative suisses, un transfert d’entreprise se caractérise par :

  1. Transfert complet de l’entreprise ou d’une branche d’activité autonome, avec tous les éléments nécessaires à l’exploitation (clientèle, stocks, contrats, matériel, etc.).
  2. Continuité de l’activité par le repreneur, sans interruption significative.
  3. Succession dans l’assujettissement TVA: l’acquéreur doit déjà être assujetti ou le devenir dès la reprise.
  4. Notification à l’AFC: vendeur et acheteur doivent informer l’AFC et, selon les cas, déposer un formulaire spécifique (procédure de déclaration), en particulier si un immeuble est inclus.

Exemples pratiques

  • Vente d’unrestaurant avec tout son Ă©quipement, son personnel et son bail, repris sans interruption.
  • Vente d’unsite de production complet, avec ses contrats clients et fournisseurs, et poursuite immĂ©diate de la production.

Dans ces situations, la vente/achat d’un fond de commerce est assimilée à un transfert d’entreprise au sens de la pratique TVA suisse, et aucune TVA n’est facturée sur le prix de cession.

Importance pour les parties

  • Pour le vendeur: pas de TVA Ă  facturer ni Ă  reverser sur le prix de cession.
  • Pour l’acheteur: pas d’avance de TVA et reprise directe des droits Ă  dĂ©duction et des obligations TVA du vendeur.

Le concept international de TOGC (Transfer of a Going Concern) est reconnu par la pratique administrative suisse. En droit suisse, la neutralité TVA découle de l’ensemble des règles sur l’assujettissement (art. 10 ss), la livraison (art. 18 ss) et la procédure de déclaration (art. 38 LTVA), combinées à la brochure TVA « Restructurations » de l’AFC.

 

Droits de timbre

En share deal, l’intervention d’un négociant en valeurs mobilières suisse entraîne :

  • 0,15 % de droit de nĂ©gociation sur les titres suisses,
  • 0,30 % sur les titres Ă©trangers.
    Une augmentation de capital ultérieure déclenche un droit d’émission de 1 %.

5) Impôts directs pour le vendeur et l’acheteur

  1. a) Vendeur personne physique (entreprise individuelle ou SNC)
  • Les plus-values commerciales et rĂ©serves latentes sont imposĂ©es comme revenu (art. 18 LIFD).
  • Dès 55 ans ou en cas d’invaliditĂ©, le bĂ©nĂ©fice de liquidation (art. 37b LIFD) peut bĂ©nĂ©ficier d’une imposition sĂ©parĂ©e et rĂ©duite.
  • En prĂ©sence d’immeubles d’exploitation, l’impĂ´t sur les gains immobiliers cantonal s’applique selon un système moniste ou dualiste.
  1. b) Vendeur société (SA/Sàrl)
  • Les gains sur actifs sont soumis Ă  l’impĂ´t sur le bĂ©nĂ©fice (fĂ©dĂ©ral et cantonal).
  • En cas de cession d’actions, le gain privĂ© de l’actionnaire personne physique est gĂ©nĂ©ralement exonĂ©rĂ©, sauf en cas d’abus (liquidation partielle indirecte).
  • Une sociĂ©tĂ© holding peut bĂ©nĂ©ficier de l’imputation pour participations si les conditions sont rĂ©unies.
  1. c) Repreneur
  • Dans un asset deal, il peut amortir fiscalement les actifs et le goodwill sur 5 Ă  10 ans.
  • Dans un share deal, il n’y a pas de step-up fiscal ; les risques fiscaux latents de la cible sont repris.
  1. d) Immobilier

Si l’opération inclut un immeuble :

  • Droit de mutation cantonal (ex. Genève : 3 %).
  • ImpĂ´t sur les gains immobiliers, souvent Ă©levĂ© en cas de dĂ©tention courte.

6) Comptabilité et normes suisses

  • Vendeur : sortie des actifs au prix de cession, constatation du rĂ©sultat et des plus-values.
  • Acheteur : enregistrement des actifs et du goodwill selon les normes du CO ou Swiss GAAP FER. Le goodwill est gĂ©nĂ©ralement amorti sur 5 ans (parfois jusqu’à 20 ans si justifiĂ©), avec obligation de tests de valeur rĂ©guliers.

7) Processus transactionnel de la vente/achat d’un fond de commerce

  • Due diligence : analyse juridique (contrats, bail, propriĂ©tĂ© intellectuelle, ressources humaines), fiscale (TVA, rĂ©serves latentes) et financière (qualitĂ© des rĂ©sultats, BFR).
  • Structure de prix : mĂ©canisme de locked-box (prix figĂ© Ă  une date antĂ©rieure) ou completion accounts (prix ajustĂ© après closing).
  • Garanties et indemnisations : clauses de non-concurrence, de non-sollicitation et de garantie des passifs sont courantes.
  • Formalisme : un share deal de SĂ rl exige un acte notariĂ© ; un asset deal complet peut ĂŞtre enregistrĂ© comme transfert de patrimoine selon la LFus.

8) Bail commercial et transfert du personnel

Dans la vente/achat d’un fond de commerce, la gestion du bail commercial et du personnel est cruciale :

  • Bail : nĂ©gocier la cession avec le bailleur, clarifier la durĂ©e rĂ©siduelle, les loyers, les garanties et les Ă©ventuels travaux.
  • Personnel : conformĂ©ment Ă  l’art. 333 CO, les contrats sont transfĂ©rĂ©s automatiquement, mais il faut prĂ©voir une harmonisation des conditions de travail, des plans LPP et des soldes de vacances.

9) Démarches administratives avant, pendant et après la vente/achat d’un fond de commerce

  • Avant la signature : vĂ©rifier la transfĂ©rabilitĂ© des licences et autorisations cantonales (ex. restauration, commerce alimentaire).
  • Entre la signature et le closing : recueillir les consentements (bailleur, banques, fournisseurs), s’assurer du financement et respecter les obligations COMCO.
  • Après le closing :
    • Mettre Ă  jour le Registre du commerce.
    • Adapter les affiliations TVA, AVS et LPP.
    • Enregistrer la cession des marques auprès de l’IPI.
    • Mettre Ă  jour les documents de protection des donnĂ©es (nLPD).

10) Évaluation et financement lors d’une vente/achat d’un fond de commerce

L’évaluation du prix s’appuie sur :

  • La mĂ©thode des praticiens (moyenne entre la valeur de substance et la valeur de rendement).
  • Des multiples de marché ou un discounted cash flow (DCF).

Les parties peuvent prévoir un earn-out (complément de prix lié aux performances futures), mais ce mécanisme a des conséquences fiscales et TVA qu’il convient d’anticiper.

11) Pièges et bonnes pratiques

  • DiffĂ©rence avec le droit français : la Suisse n’a ni BODACC, ni privilège lĂ©gal du vendeur sur le fonds. Les modèles de contrat français doivent ĂŞtre adaptĂ©s.
  • TVA : mal qualifier le pĂ©rimètre (branche autonome ou non) peut entraĂ®ner une TVA imprĂ©vue.
  • Bail : obtenir l’accord Ă©crit du bailleur avant le closing est indispensable.
  • Personnel : respecter strictement les obligations d’information et de consultation pour Ă©viter des litiges.
  • Immobilier : anticiper les droits de mutation et l’impĂ´t sur les gains immobiliers.

Une fiduciaire spécialisée, telle que RISTER, sécurise ces étapes en coordonnant notaires, avocats, fiscalistes et comptables.

 

Conclusion

La vente/achat d’un fond de commerce en Suisse est une opération multidisciplinaire qui nécessite une planification minutieuse.
Elle implique des aspects juridiques (CO, LFus), fiscaux (LTVA, LIFD), sociaux (art. 333 CO), comptables (Swiss GAAP FER) et administratifs (RC, IPI, AFC).
En s’entourant de professionnels expérimentés – fiduciaire, avocat, expert-comptable – le vendeur comme l’acheteur sécurisent la transaction, optimisent la fiscalité et garantissent une transition fluide de l’activité.

Services de RISTER – Fiduciaire Genève en matière de vente/achat d’un fond de commerce

Chez RISTER – Fiduciaire Genève, nos experts accompagnent les clients dans chaque étape de l’achat ou de la vente d’un fonds de commerce ou d’exploitation, en assurant un service intégral mêlant conseils juridiques, fiscaux, comptables et opérationnels. Avant la transaction, nous réalisons une due diligence complète — vérification des contrats, bail commercial, passifs latents, structure fiscale — visant à identifier les risques et valoriser l’actif. Nous aidons à structurer l’opération (asset deal, share deal ou transfert de patrimoine) en optimisant les conséquences fiscales (TVA, impôt sur le bénéfice, gains immobiliers) et en suggérant des mécanismes de prix adaptés (earn-out, locked-box, garanties). Lors de la phase de closing, nous coordonnons les formalités administratives (inscription au Registre du commerce, déclaration TVA, transfert de permis ou licences, notifications aux caisses sociales AVS/LPP). Après la reprise, RISTER assure l’intégration comptable (reconstitution des états, répartition du prix d’achat, amortissements, suivi des plans LPP) et le suivi continu (optimisation fiscale ultérieure, reporting, conseils stratégiques). Grâce à notre connaissance fine du contexte genevois (réglementations cantonales, autorisations H&R, droits de mutation) et notre réseau local de notaires, avocats et administrations, RISTER garantit une transition sécurisée et fluide pour les acquéreurs ou vendeurs d’exploitations à Genève.


FAQ – Vente/achat d’un fond de commerce en Suisse

1. Qu’entend-on par vente/achat d’un fond de commerce en Suisse ?
En Suisse, il n’existe pas de statut légal autonome du « fonds de commerce ». L’expression désigne, dans la pratique, la cession d’une activité au moyen d’une cession d’actifs (asset deal), d’une cession de parts ou d’actions (share deal), ou d’un transfert de patrimoine selon la Loi sur la fusion (LFus). Ces opérations permettent de transmettre tout ou partie d’une entreprise existante, y compris sa clientèle, son bail, ses contrats et son personnel.


2. Quelles sont les principales formes juridiques pour une vente/achat d’un fond de commerce ?
Trois formes sont reconnues :

  • Asset deal : vente d’actifs dĂ©terminĂ©s (clientèle, machines, marques, bail), chaque Ă©lĂ©ment suivant son rĂ©gime lĂ©gal (art. 164 ss CO pour les crĂ©ances, art. 263 CO pour le bail, etc.).

  • Share deal : acquisition des parts ou actions d’une sociĂ©tĂ© (SĂ rl ou SA), ce qui permet de reprendre directement les contrats et les autorisations existantes.

  • Transfert de patrimoine (LFus) : transmission « en bloc » d’actifs et de passifs avec inscription au Registre du commerce et protection des crĂ©anciers.


3. Quelles obligations s’appliquent au personnel lors d’une vente/achat d’un fond de commerce ?
L’article 333 CO prévoit que les contrats de travail sont transférés automatiquement au repreneur si l’entreprise ou une partie autonome conserve son identité. Les collaborateurs disposent d’un droit d’opposition et doivent être informés et consultés conformément à l’art. 333a CO.


4. Comment est géré le bail commercial dans une vente/achat d’un fond de commerce ?
Le bail commercial peut être cédé à l’acquéreur avec l’accord écrit du bailleur (art. 263 CO). Ce dernier ne peut refuser que pour motifs sérieux. Le cédant reste cependant responsable des loyers durant une période transitoire convenue ou prévue par la loi.


5. Quel traitement TVA s’applique à la vente/achat d’un fond de commerce ?
Selon la pratique de l’Administration fédérale des contributions (AFC) et la brochure TVA « Restructurations », un transfert complet d’entreprise ou de branche autonome (souvent appelé TOGC – Transfer of a Going Concern) est hors du champ d’application de la TVA, à condition que l’activité soit poursuivie et que l’acheteur soit ou devienne assujetti. Dans les autres cas (par ex. vente isolée d’actifs), la TVA s’applique, avec parfois une procédure de déclaration (art. 38 LTVA).


6. Quels sont les impacts fiscaux directs pour le vendeur ?

  • Entreprise individuelle/SNC : les plus-values et rĂ©serves latentes sont imposĂ©es comme revenu (art. 18 LIFD). Le bĂ©nĂ©fice de liquidation (art. 37b LIFD) peut bĂ©nĂ©ficier d’un taux rĂ©duit dès 55 ans ou en cas d’invaliditĂ©.

  • SociĂ©tĂ© (SA/SĂ rl) : les gains sur actifs sont soumis Ă  l’impĂ´t sur le bĂ©nĂ©fice. La vente d’actions dĂ©tenues en fortune privĂ©e est en principe exonĂ©rĂ©e, sous rĂ©serve de certaines exceptions (liquidation partielle indirecte).


7. Et pour l’acheteur ?
En asset deal, l’acheteur peut amortir fiscalement les actifs et le goodwill sur 5 à 10 ans.
En share deal, il n’y a pas de revalorisation fiscale des actifs (pas de « step-up »), et il reprend les éventuelles obligations fiscales latentes de la société.


8. Quelles démarches administratives faut-il accomplir ?
Avant, pendant et après le closing :

  • VĂ©rification et transfert des autorisations cantonales (ex. restauration, commerce alimentaire).

  • Mise Ă  jour du Registre du commerce (modification d’associĂ©s ou transfert de patrimoine).

  • Adaptation des affiliations TVA, AVS, LPP et enregistrement des cessions de marques auprès de l’IPI.

  • Mise Ă  jour de la documentation liĂ©e Ă  la protection des donnĂ©es (nLPD).


9. Comment évaluer le prix lors d’une vente/achat d’un fond de commerce ?
La valeur se détermine souvent selon la méthode des praticiens (moyenne entre la valeur de substance et de rendement), ou par des multiples de marché/DCF. Des mécanismes tels que l’earn-out ou les locked-box accounts peuvent être prévus, avec des implications fiscales et TVA.


10. Quels sont les principaux risques et bonnes pratiques ?

  • S’assurer que l’accord du bailleur est obtenu par Ă©crit.

  • Respecter les obligations d’information du personnel.

  • Bien qualifier l’opĂ©ration pour Ă©viter une TVA imprĂ©vue.

  • Anticiper les droits de mutation et l’impĂ´t sur les gains immobiliers si un immeuble est inclus.

  • Adapter les contrats, car la Suisse ne connaĂ®t ni BODACC ni privilège lĂ©gal du vendeur sur un « fonds ».


11. Quel rôle joue une fiduciaire comme RISTER – Fiduciaire Genève ?
RISTER accompagne vendeurs et acheteurs de la préparation à la finalisation : due diligence juridique et fiscale, structuration de l’opération (asset deal, share deal, transfert de patrimoine), optimisation TVA et impôts directs, rédaction des contrats, coordination notariale, formalités RC, intégration comptable et suivi post-closing. Sa connaissance des pratiques cantonales (par ex. Genève) et son réseau de notaires, avocats et administrations sécurisent l’ensemble du processus.


Andrés Taracido, expert fiduciaire à Genève
Écrit par

Andrés Taracido

Expert principal de RISTER®, fiduciaire à Genève. Diplôme fédéral d'expert en finance et investissements, CIWM, STEP/TEP, CAS en fiscalité des PME, membre IAF.

Plus de 25 ans d'expérience dans l'accompagnement d'entrepreneurs, de PME et de structures internationales : création de sociétés, fiscalité, administration et gestion en Suisse.

Blog

Actualités & Archives

Projet AVS 2030 : la taxation des dividendes « abusifs » pourrait fragiliser l’entrepreneuriat suisse

Projet AVS 2030 : la taxation des dividendes « abusifs » pourrait fragiliser l’entrepreneuriat suisse

Le projet AVS 2030 visant à taxer les dividendes jugés « excessifs » inquiète fortement les entrepreneurs suisses. Alors que les abus peuvent déjà être sanctionnés aujourd’hui lorsque le salaire d’un dirigeant est artificiellement bas, la nouvelle approche risque de pénaliser des milliers de PME parfaitement légitimes. Entre impôt sur le bénéfice, impôt sur le revenu, impôt sur la fortune sur la valeur de l’entreprise et potentiellement cotisations AVS sur les dividendes, beaucoup dénoncent désormais une véritable quadruple taxation de l’entrepreneuriat suisse.

Le plan comptable suisse : guide complet pour PME et indépendants

Le plan comptable suisse : guide complet pour PME et indépendants

Le plan comptable suisse est un ensemble structurĂ© de normes et de règles qui rĂ©gissent la manière dont les entreprises en Suisse doivent tenir leur comptabilitĂ©. Ce plan est dĂ©fini dans le cadre lĂ©gislatif, notamment le Code des Obligations, qui stipule l’obligation pour toutes les entreprises, quelle que soit leur taille ou leur forme juridique, de tenir des comptes de manière rĂ©gulière et conforme. Il intègre des principes tels que la vĂ©ritĂ©, la clartĂ©, la continuitĂ©, la prudence et la pĂ©riodicitĂ© pour assurer que les Ă©tats financiers offrent une image fidèle de la situation Ă©conomique de l’entreprise.

Bilan comptable suisse : comprendre, construire et analyser facilement

Bilan comptable suisse : comprendre, construire et analyser facilement

Le bilan comptable suisse est le document de synthèse qui présente la situation financière de votre entreprise à une date donnée. Il liste ce que vous possédez (actif), ce que vous devez (passif) et ce qui vous appartient réellement (capitaux propres). Encadré par le...