Créer une société holding à Genève : fiscalité 2026, avantages et démarches

par | Mis à jour le 3 Jun 2026

Une société holding à Genève est une SA ou une Sàrl dont l’objet principal est de détenir et gérer des participations dans d’autres sociétés, sans exercer d’activité commerciale propre. C’est un levier efficace pour structurer un groupe, centraliser la gestion, protéger les actifs et optimiser la fiscalité des dividendes et des plus-values.

Point essentiel : en Suisse, « holding » n’est pas un statut juridique, mais une qualification fiscale. Ce guide détaille la fiscalité applicable en 2026, les conditions à respecter et les démarches de constitution. Pour le cadre général, consultez notre guide complet de la création d’entreprise à Genève.

Qu’est-ce qu’une société holding en Suisse ?

Une société holding suisse prend la forme d’une SA ou d’une Sàrl dont l’activité se limite à détenir des participations dans d’autres sociétés (filiales) et à les gérer. Elle n’exerce pas d’activité industrielle ou commerciale propre.

Contrairement à une idée répandue, la holding n’est pas une forme juridique distincte : c’est une qualification fonctionnelle et fiscale. Vous constituez une SA ou une Sàrl classique, dont le but statutaire est la détention de participations.

  • Sàrl : capital minimum de 20 000 CHF, entièrement libéré ; associés inscrits au registre du commerce.
  • SA : capital minimum de 100 000 CHF, dont 50 000 CHF libérés au minimum ; actionnaires non publics (confidentialité accrue).

Les différents types de holding

« Holding » désigne une fonction (détenir des participations), pas une forme unique. Selon votre objectif, plusieurs profils existent :

  • Holding passive (pure) : se limite à détenir et gérer des participations, sans fournir de prestations. C’est le profil le plus simple, qui tire pleinement parti de la réduction pour participations.
  • Holding active (animatrice ou mixte) : détient des participations et rend des services à ses filiales (direction, finance, RH, facturés en management fees). Attention : une activité de prestations peut entraîner l’assujettissement à la TVA.
  • Holding familiale : regroupe le patrimoine d’une famille (participations, parfois immobilier) pour organiser la gouvernance et préparer la transmission entre générations.
  • Holding immobilière : détient des biens via des filiales. Spécificité : l’immobilier suit des règles propres — la réduction pour participations ne couvre pas les gains immobiliers directs.

La fiscalité d’une holding à Genève en 2026

L’intérêt fiscal d’une holding repose aujourd’hui sur la réduction pour participations, et non plus sur l’ancien statut holding cantonal.

Important — ce qui a changé depuis 2020

La réforme RFFA (entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2020) a supprimé le statut fiscal cantonal de holding (l’exonération cantonale « totale » n’existe plus). Toutes les sociétés sont désormais imposées selon le régime ordinaire — mais une holding reste très avantageuse grâce à la réduction pour participations, détaillée ci-dessous.

La réduction pour participations

Les revenus tirés de participations qualifiées (au moins 10 % du capital d’une société, ou une valeur vénale d’au moins 1 million CHF) bénéficient d’une réduction de l’impôt sur le bénéfice, au niveau fédéral comme cantonal (art. 69-70 LIFD et dispositions cantonales) :

  • Dividendes reçus de filiales suisses ou étrangères : la réduction pour participations les rend, en pratique, quasi exonérés d’impôt sur le bénéfice.
  • Gains en capital sur la vente de participations qualifiées détenues depuis au moins un an : également couverts par la réduction pour participations, donc quasi exonérés.

Exemple chiffré

Une holding genevoise détient 100 % d’une filiale qui lui verse 200 000 CHF de dividendes. Grâce à la réduction pour participations, ces dividendes sont quasi exonérés d’impôt sur le bénéfice : la charge ne porte, le cas échéant, que sur d’éventuels autres revenus, pas sur le dividende remonté.

Quelques années plus tard, la holding revend cette participation (détenue depuis plus d’un an, ≥ 10 %) en réalisant une plus-value de 1 000 000 CHF : cette plus-value bénéficie elle aussi de la réduction pour participations et est quasi exonérée. La même opération, réalisée sans participation qualifiée, serait imposée.

Élément Traitement en 2026
Statut holding cantonal Supprimé depuis la RFFA (2020)
Impôt sur le bénéfice (Genève, ordinaire) ≈ 14,7 % (combiné), avant réduction pour participations
Dividendes de participations qualifiées Quasi exonérés (réduction pour participations)
Plus-values sur participations qualifiées (≥ 1 an) Quasi exonérées (réduction pour participations)
Impôt sur le capital (Genève) Allègement pour les participations
TVA Holding sans activité commerciale : en principe non assujettie

Source : LIFD art. 69-70 (réduction pour participations), loi fiscale genevoise, AFC. Données 2026, sous réserve de l’analyse de votre situation.

Conseil RISTER

Beaucoup de contenus en ligne décrivent encore l’ancien « statut holding » (exonération cantonale totale, seuil des 2/3 des actifs) : ce régime n’existe plus depuis 2020. L’avantage fiscal réel passe désormais par la réduction pour participations, qui ne requiert pas le seuil des 2/3 dès lors que les participations sont qualifiées. Faites vérifier votre montage pour éviter de raisonner sur des règles périmées.

L’impôt sur le capital, canton par canton

L’impôt sur le capital est un impôt cantonal et communal (il n’existe pas au niveau fédéral) prélevé sur les fonds propres de la société (capital, réserves, bénéfices reportés). Il mérite une attention particulière pour une holding : celle-ci détient des fonds propres élevés (ses participations) tout en réalisant souvent peu de bénéfice imposable — l’impôt sur le capital peut donc devenir sa principale charge fiscale.

Les taux d’impôt sur le capital par canton

Le taux d’impôt sur le capital varie fortement d’un canton à l’autre, et il n’existe aucun impôt fédéral sur le capital. Le choix du canton de siège a donc un impact direct sur cette charge — souvent plus déterminant, pour une holding, que le taux d’impôt sur le bénéfice. Voici les taux indicatifs 2025, appliqués sur les fonds propres imposables, avant l’éventuelle réduction pour participations qualifiées :

Canton Taux indicatif sur le capital
Uri (UR) 0,001 %
Obwald (OW) 0,001 %
Schaffhouse (SH) 0,001 %
Nidwald (NW) 0,01 %
Schwyz (SZ) 0,01 %
Berne (BE) 0,02 %
Thurgovie (TG) 0,04 %
Appenzell RI (AI) 0,05 %
Appenzell RE (AR) 0,05 %
Saint-Gall (SG) 0,06 %
Zoug (ZG) 0,07 %
Lucerne (LU) 0,08 %
Bâle-Ville (BS) 0,10 %
Argovie (AG) 0,13 %
Vaud (VD) 0,14 %
Bâle-Campagne (BL) 0,16 %
Soleure (SO) 0,17 %
Zurich (ZH) 0,17 %
Fribourg (FR) 0,19 %
Jura (JU) 0,19 %
Glaris (GL) 0,25 %
Tessin (TI) 0,29 %
Genève (GE) 0,40 %
Grisons (GR) 0,46 %
Valais (VS) 0,49 %
Neuchâtel (NE) 0,50 %

Taux indicatifs 2025 sur les fonds propres imposables, avant réduction pour participations. Impôt cantonal et communal uniquement (pas d’impôt fédéral sur le capital) ; le taux effectif dépend de la commune et de la situation.

Plusieurs cantons réduisent par ailleurs la base imposable pour les participations, brevets et prêts intragroupe : c’est un levier central pour une holding, qui peut faire chuter la charge effective bien en dessous du taux nominal du tableau.

Deux mécanismes décisifs pour une holding

  • Imputation de l’impôt sur le bénéfice : de nombreux cantons (dont Genève) permettent de déduire l’impôt sur le bénéfice de l’impôt sur le capital. Une société rentable voit ainsi son impôt sur le capital réduit, voire annulé. Pour une holding qui dégage peu de bénéfice, cet effet joue moins — d’où l’importance du taux de capital lui-même.
  • Réduction pour participations : plusieurs cantons appliquent un taux réduit sur la part des fonds propres correspondant à des participations qualifiées. C’est l’allègement clé qui maintient l’attractivité d’une holding malgré la suppression du statut holding.

Conseil RISTER

Pour une holding, l’arbitrage entre cantons se joue souvent davantage sur l’impôt sur le capital (et son allègement pour participations) que sur l’impôt sur le bénéfice, puisqu’elle cumule des fonds propres élevés et un faible bénéfice. Nous comparons votre charge réelle canton par canton avant de fixer le siège de votre société.

Les avantages d’une holding

Au-delà de la fiscalité des participations, la holding est un outil de structuration et de planification patrimoniale. Elle permet de :

  • centraliser les participations de plusieurs filiales ou actifs au sein d’une même entité ;
  • protéger les actifs stratégiques (immobilier, marques, trésorerie) des risques opérationnels des filiales ;
  • préparer une transmission ou une succession d’entreprise de façon ordonnée ;
  • faciliter les investissements et les réorganisations de groupe, avec une image stable et neutre à l’international.

Les inconvénients et limites d’une holding

Une holding n’est pas pertinente dans toutes les situations. Avant de vous lancer, pesez ses limites :

  • Coûts et complexité : c’est une entité supplémentaire à administrer (comptabilité, bouclement annuel, organes, déclarations) — des frais récurrents qui ne se justifient qu’au-delà d’un certain patrimoine.
  • Substance exigée : sans substance réelle (siège, gestion effective), l’avantage fiscal peut être remis en cause par l’administration.
  • Peu d’intérêt pour les petites structures : pour un entrepreneur seul, sans filiale ni participation significative, la holding n’apporte rien.
  • Avantage ciblé : la réduction pour participations ne couvre que les participations qualifiées — ni les revenus immobiliers directs, ni les produits financiers ordinaires.

Conditions et substance économique

Pour que l’avantage fiscal soit reconnu et sécurisé, la holding doit présenter une substance économique réelle et une gestion effective de ses participations. Les autorités fiscales et les banques peuvent demander à la vérifier.

  • un siège effectif à Genève et une direction stratégique sur place ;
  • une gestion active des participations (procès-verbaux, décisions, comptabilité tenue) ;
  • l’absence d’activité commerciale propre en Suisse ;
  • une organisation cohérente et justifiable économiquement.

Conseil RISTER

La substance est devenue le point de contrôle clé des structures holding, en particulier lorsqu’elles détiennent des participations étrangères. Documentez-la dès la constitution : siège réel, organes décisionnaires, comptabilité — c’est ce qui sécurise votre position fiscale et vos relations bancaires.

Comment créer votre holding à Genève

La constitution d’une holding suit le parcours d’une SA ou d’une Sàrl ordinaire, avec un but statutaire de détention de participations :

  • définir la forme (SA ou Sàrl) et rédiger les statuts en précisant l’objet « détention et gestion de participations » ;
  • libérer le capital sur un compte de consignation auprès d’une banque suisse ;
  • signer l’acte constitutif chez un notaire ;
  • inscrire la société au registre du commerce de Genève, puis publication à la FOSC.

Côté budget, l’accompagnement RISTER pour la constitution d’une holding (SA ou Sàrl) démarre dès 490 CHF HT — hors capital social, frais de notaire et émoluments du registre du commerce. Si vous détenez déjà une société, la holding peut aussi se constituer par apport de titres.

Créer une holding par apport de titres

Un entrepreneur qui détient déjà une société peut constituer une holding « par le haut » : il apporte ses titres (actions ou parts de sa société existante) à une nouvelle holding, qui les détient en échange de ses propres actions. La société existante devient ainsi une filiale, coiffée par la holding.

Deux points de vigilance sur ce montage :

  • Acte notarié et évaluation : l’apport de titres est un apport en nature, formalisé par acte notarié, avec évaluation des titres apportés.
  • Délai de blocage : pour préserver la neutralité fiscale de l’opération, les titres reçus ne doivent en principe pas être revendus avant un délai de blocage (en règle générale 5 ans). Une cession anticipée peut déclencher une imposition (notion de liquidation partielle indirecte / réserves transférées).

Conseil RISTER

L’apport de titres est un montage puissant pour restructurer un groupe existant, mais sensible fiscalement : une erreur sur l’évaluation ou le délai de blocage peut coûter cher. Faites cadrer l’opération en amont par un expert avant tout transfert.

Pourquoi Genève pour votre holding

Genève réunit les atouts recherchés pour une société de participations :

  • une place financière réputée et stable, au cœur de l’Europe ;
  • la proximité de la France et de l’UE ;
  • un écosystème d’experts fiscaux et juridiques de premier plan ;
  • une image internationale forte pour vos partenaires et vos banques.

FAQ — Société holding à Genève

Le statut holding existe-t-il encore en Suisse ?

Non. Le statut fiscal cantonal de holding a été supprimé par la réforme RFFA, en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2020. La société est imposée au régime ordinaire, mais bénéficie de la réduction pour participations sur les dividendes et les plus-values de participations qualifiées.

Comment sont imposés les dividendes d’une holding ?

Les dividendes provenant de participations qualifiées (≥ 10 % du capital, ou valeur ≥ 1 million CHF) sont quasi exonérés d’impôt sur le bénéfice grâce à la réduction pour participations, au niveau fédéral et cantonal.

Les plus-values de cession sont-elles exonérées ?

Les gains en capital réalisés sur la vente de participations qualifiées détenues depuis au moins un an bénéficient de la réduction pour participations et sont, en pratique, quasi exonérés.

Quel capital pour créer une holding ?

Le capital est celui de la forme choisie : 20 000 CHF pour une Sàrl (entièrement libérés) ou 100 000 CHF pour une SA (dont 50 000 libérés au minimum). Il n’existe pas de capital « holding » spécifique.

Une holding doit-elle payer la TVA ?

Une holding qui se limite à détenir et gérer des participations, sans activité commerciale, n’est en principe pas assujettie à la TVA suisse. Une activité de prestations facturées peut en revanche déclencher l’assujettissement.

Faut-il une substance économique réelle ?

Oui. Un siège effectif à Genève, une gestion active des participations et une comptabilité tenue sont nécessaires pour sécuriser le traitement fiscal et les relations bancaires, surtout en présence de participations étrangères.

Quels sont les différents types de holding ?

On distingue la holding passive (détention pure de participations), la holding active ou animatrice (qui facture des services à ses filiales), la holding familiale (transmission patrimoniale) et la holding immobilière. Le profil retenu influence la fiscalité, notamment l’assujettissement éventuel à la TVA pour une holding active.

Quels sont les inconvénients d’une holding ?

Une holding ajoute une entité à administrer (coûts et complexité), exige une substance économique réelle pour sécuriser l’avantage fiscal, et n’a guère d’intérêt pour un entrepreneur seul sans participations significatives. Son avantage fiscal se limite par ailleurs aux participations qualifiées.

Peut-on créer une holding par apport de titres ?

Oui. Un entrepreneur peut apporter les titres de sa société existante à une nouvelle holding, qui devient ainsi la société mère. L’opération se fait par acte notarié, avec évaluation des titres, et suppose un délai de blocage (en général 5 ans) pour préserver la neutralité fiscale.

Sources

Conclusion

Une société holding à Genève reste un outil puissant de structuration de groupe et d’optimisation fiscale — à condition de raisonner sur le bon cadre : depuis 2020, l’avantage ne vient plus d’un statut spécial, mais de la réduction pour participations sur les dividendes et les plus-values, couplée à une substance économique solide.

RISTER, fiduciaire à Genève, structure votre holding de bout en bout : choix SA/Sàrl, statuts, constitution, domiciliation avec substance, conseil fiscal et planification de transmission. Créez votre holding à Genève avec RISTER ou contactez-nous pour une analyse personnalisée.

Andrés Taracido, expert fiduciaire à Genève
Écrit par

Andrés Taracido

Expert principal de RISTER®, fiduciaire à Genève. Diplôme fédéral d'expert en finance et investissements, CIWM, STEP/TEP, CAS en fiscalité des PME, membre IAF.

Plus de 25 ans d'expérience dans l'accompagnement d'entrepreneurs, de PME et de structures internationales : création de sociétés, fiscalité, administration et gestion en Suisse.

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