Le salaire minimum cantonal genevois est fixé à 24,59 CHF brut par heure au 1ᵉʳ janvier 2026, soit environ 4 475 CHF brut par mois pour 42 heures hebdomadaires. Le canton de Genève applique le salaire minimum légal le plus élevé de Suisse depuis l’entrée en vigueur de la Loi cantonale le 1ᵉʳ novembre 2020. Ce guide détaille les montants, le calcul mensuel, le champ d’application, les exceptions, les CCT sectorielles et les obligations qui pèsent sur l’employeur sous le contrôle de l’OCIRT.
Sommaire
- Le montant du salaire minimum genevois en 2026
- Calcul du salaire minimum mensuel à Genève
- Champ d’application et exceptions
- Les secteurs avec un salaire minimum supérieur (CCT)
- Les frontaliers et le salaire minimum genevois
- Obligations et sanctions pour l’employeur
- Genève comparé : France, autres cantons romands
- FAQ
Le montant du salaire minimum genevois en 2026
Le salaire minimum cantonal genevois s’élève à 24,59 CHF brut par heure depuis le 1ᵉʳ janvier 2026. Ce taux résulte de l’indexation annuelle sur l’indice suisse des prix à la consommation (IPC), conformément à la Loi sur l’inspection et les relations du travail (LIRT). Le mécanisme d’indexation garantit que la valeur réelle du salaire minimum ne se dégrade pas avec l’inflation.
Le canton de Genève fixe ainsi le salaire minimum légal le plus élevé de Suisse, et de loin l’un des plus élevés au monde. À titre de comparaison, le canton de Neuchâtel applique 21,35 CHF/h et le Tessin se situe autour de 20 CHF/h selon les zones.
Évolution depuis l’entrée en vigueur
| Année | Taux horaire (CHF) | Variation |
|---|---|---|
| 1ᵉʳ novembre 2020 (entrée en vigueur) | 23,00 | — |
| 2021 | 23,14 | + 0,6 % |
| 2022 | 23,27 | + 0,6 % |
| 2023 | 24,00 | + 3,1 % |
| 2024 | 24,32 | + 1,3 % |
| 2025 | 24,48 | + 0,7 % |
| 2026 | 24,59 | + 0,4 % |
Source : Office cantonal de l’inspection et des relations du travail (OCIRT), arrêtés annuels du Conseil d’État genevois.
Calcul du salaire minimum mensuel à Genève
Pour convertir le taux horaire en salaire mensuel brut, on applique la formule : taux horaire × heures hebdomadaires × 52 ÷ 12. Le résultat dépend donc directement de la durée hebdomadaire prévue par le contrat de travail. La durée légale maximale est de 45 ou 50 heures selon le secteur (Loi sur le travail, art. 9), mais la pratique genevoise se situe entre 40 et 42 heures.
Salaire mensuel brut selon la durée hebdomadaire
| Heures / semaine | Heures / mois (× 52 ÷ 12) | Mensuel brut (sans 13ᵉ) | Mensuel brut (avec 13ᵉ mensualisé) |
|---|---|---|---|
| 40 h | 173,33 h | 4 263 CHF | 4 619 CHF |
| 41 h | 177,67 h | 4 369 CHF | 4 733 CHF |
| 42 h | 182,00 h | 4 475 CHF | 4 848 CHF |
| 45 h | 195,00 h | 4 795 CHF | 5 195 CHF |
Calculs RISTER pour 24,59 CHF/h. Le 13ᵉ salaire mensualisé équivaut à × 13/12 du salaire de base. Brut avant cotisations AVS/AI/APG (5,3 %), AC (1,1 %), LPP et accidents non professionnels.
Important
Le 13ᵉ salaire n’est pas obligatoire au niveau cantonal genevois. Il s’impose uniquement s’il est prévu par le contrat, une CCT ou un usage. Si l’entreprise ne pratique pas le 13ᵉ, le salaire mensuel brut reste celui de la colonne « sans 13ᵉ ». Pour rester conforme au minimum cantonal, l’addition annuelle (12 ou 13 mensualités) divisée par 12 doit dépasser 4 263 CHF pour un temps plein 40 h/semaine.
Champ d’application et exceptions
Le salaire minimum cantonal s’applique à tout travailleur exerçant son activité dans le canton de Genève, quel que soit son lieu de domicile ou sa nationalité. Le critère retenu est le lieu d’exécution effectif du travail. Plusieurs catégories en sont toutefois exclues par la LIRT.
Catégories non soumises au salaire minimum cantonal
- Apprentis sous contrat de formation professionnelle initiale (LFPr)
- Stagiaires de moins de trois mois liés à une formation reconnue
- Jeunes de moins de 18 ans
- Mesures d’insertion professionnelle reconnues par l’État (allocations de retour en emploi, par exemple)
- Agriculture et floriculture : taux réduit d’environ 18,15 CHF/h en 2026 (cf. arrêté annuel du Conseil d’État)
Cas particulier : pourboires et logement
Dans les secteurs où le pourboire est usuel (hôtellerie, restauration, coiffure), le pourboire ne fait pas partie du salaire et ne peut être déduit du minimum cantonal. De même, le logement ou les repas fournis par l’employeur ne peuvent être imputés sur le salaire minimum à Genève, contrairement à certaines pratiques fédérales.
Les secteurs avec un salaire minimum supérieur (CCT)
Plusieurs branches d’activité sont régies par des conventions collectives de travail (CCT) qui imposent des minima supérieurs au salaire minimum cantonal genevois. Lorsqu’une CCT est applicable (de force obligatoire ou par contrat), c’est toujours le montant le plus favorable au salarié qui prévaut.
| Secteur | Minimum CCT (CHF/mois ou CHF/h) | Source |
|---|---|---|
| Hôtellerie-restauration (CCNT) | 4 219 CHF/mois (profils non qualifiés, 2026) | L-GAV national |
| Nettoyage Suisse romande | 21,82 CHF/h (entretien courant) | CCT-Suisse romande nettoyage |
| Construction (gros œuvre) | 5 600 à 6 800 CHF/mois selon classe | CN construction |
| Sécurité privée | ~ 4 350 CHF/mois (agents sans expérience) | CCT services sécurité |
| Coiffure | 4 200 CHF/mois (profils non qualifiés) | CCT coiffure suisse |
Sources : GAV-Service (registre fédéral des CCT) et organisations sectorielles. Montants 2026 à vérifier ponctuellement, certains barèmes étant révisés en cours d’année.
Conseil RISTER
Avant d’embaucher à Genève, identifiez systématiquement la CCT applicable à votre secteur via le registre GAV-Service. Une CCT de force obligatoire prime sur le contrat de travail individuel et sur le minimum cantonal lorsqu’elle est plus favorable. Une non-conformité peut entraîner un redressement rétroactif sur cinq ans (prescription de l’art. 128 CO).
Les frontaliers et le salaire minimum genevois
Le salaire minimum genevois s’applique intégralement aux frontaliers exerçant leur activité dans le canton, sans aucune réduction liée au lieu de résidence ou au permis (G, B ou C). Cette règle vaut pour les résidents français de l’Ain et de la Haute-Savoie, qui représentent la majorité des frontaliers genevois.
Imposition à la source des frontaliers
Les frontaliers résidant en France sont en principe soumis à l’impôt à la source genevois, prélevé par l’employeur sur le salaire brut. Une particularité concerne les frontaliers titulaires d’un permis G : en vertu de l’accord franco-suisse du 11 avril 1983, ils peuvent être imposés en France et non à Genève, à condition de fournir une attestation de résidence fiscale française. Dans ce cas, Genève reverse une compensation de 4,5 % du salaire brut aux départements frontaliers français.
Implications pratiques pour l’employeur genevois
- Le salaire de référence est le brut versé en CHF, indépendamment du change EUR
- L’employeur doit affilier le frontalier à l’AVS suisse (sauf détachement)
- La couverture maladie peut être française (droit d’option LAMal/CMU) — à formaliser dès l’embauche
- Aucun rabais de salaire pour compenser un éventuel pouvoir d’achat supérieur en zone euro
Pour approfondir le calcul net après impôt à la source, voir notre guide du calcul brut/net pour les frontaliers.
Obligations et sanctions pour l’employeur
L’employeur genevois est tenu de respecter le salaire minimum cantonal sous peine de sanctions administratives prononcées par l’OCIRT (Office cantonal de l’inspection et des relations du travail). Les contrôles sont déclenchés sur dénonciation, lors d’inspections aléatoires ou en cas de soupçon de sous-enchère salariale.
Sanctions prévues par la LIRT
L’article 39P de la Loi sur l’inspection et les relations du travail prévoit une amende administrative pouvant atteindre 30 000 CHF par cas, portée à 60 000 CHF en cas de récidive. L’OCIRT peut également :
- Exclure l’entreprise des marchés publics cantonaux et communaux pour une durée déterminée
- Obliger le versement des arriérés de salaire aux travailleurs concernés (cinq ans de prescription, art. 128 CO)
- Refuser ou révoquer les permis de travail (étrangers) dont elle est sollicitée
- Publier la décision de sanction (publicité défavorable)
Bonnes pratiques de conformité
- Documenter le calcul du salaire pour chaque collaborateur (horaire, mensualités, 13ᵉ, primes)
- Conserver les contrats et fiches de salaire au moins cinq ans
- Vérifier annuellement le taux indexé (publication par le Conseil d’État chaque automne)
- Auditer les rémunérations lors de chaque arrivée de nouveau collaborateur ou modification de CCT applicable
Pour externaliser cette conformité, voir notre offre de gestion des salaires à Genève.
Genève comparé : France, autres cantons romands
Le salaire minimum genevois de 24,59 CHF/h représente environ 4 475 CHF brut par mois pour 42 heures, soit approximativement 4 700 EUR au taux de change indicatif de 1 CHF ≈ 1,05 EUR (mai 2026, indicatif). Cette comparaison illustre le différentiel structurel avec la France voisine.
| Référence | Minimum horaire | Mensuel brut indicatif |
|---|---|---|
| Genève (CH) | 24,59 CHF (~ 25,80 EUR) | ~ 4 475 CHF (~ 4 700 EUR) pour 42 h |
| Neuchâtel (CH) | 21,35 CHF (~ 22,40 EUR) | ~ 3 885 CHF pour 42 h |
| Jura (CH) | 21,40 CHF (~ 22,50 EUR) | ~ 3 895 CHF pour 42 h |
| Vaud (CH) | Pas de minimum cantonal (votation 14.06.2026 sur 23 CHF/h) | — |
| France (SMIC 2026) | 11,88 EUR | 1 802 EUR pour 35 h |
Sources : OCIRT pour Genève, arrêtés cantonaux Neuchâtel et Jura, ministère du Travail pour la France (estimation SMIC 2026). Taux de change indicatif.
Cet écart explique l’attractivité du marché du travail genevois pour les frontaliers et structure une partie des décisions d’implantation des PME en arc lémanique. Pour une vision pan-suisse cantonale, voir notre guide du salaire minimum en Suisse par canton.
FAQ : salaire minimum à Genève
Quel est le salaire minimum à Genève en 2026 ?
Le salaire minimum cantonal genevois est fixé à 24,59 CHF brut par heure au 1ᵉʳ janvier 2026. Il s’agit du montant le plus élevé de tous les cantons suisses. Le taux est indexé chaque année sur l’indice des prix à la consommation (IPC) en vertu de la Loi cantonale sur l’inspection et les relations du travail (LIRT).
Combien fait le salaire minimum genevois par mois ?
À 24,59 CHF/h, le salaire mensuel brut équivaut à 4 263 CHF pour 40 heures par semaine, 4 369 CHF pour 41 heures et 4 475 CHF pour 42 heures. Avec un 13ᵉ salaire mensualisé, ces montants passent respectivement à 4 619 CHF, 4 733 CHF et 4 848 CHF brut par mois.
Qui n’est pas soumis au salaire minimum genevois ?
Sont exclus du salaire minimum cantonal : les apprentis sous contrat de formation, les stagiaires de moins de trois mois liés à une formation reconnue, les jeunes de moins de dix-huit ans, ainsi que les contrats d’insertion. L’agriculture et la floriculture appliquent un taux réduit (environ 18,15 CHF/h en 2026) en vertu d’une exception prévue par la LIRT.
Le salaire minimum genevois s’applique-t-il aux frontaliers ?
Oui, sans aucune exception. Tout travailleur exerçant son activité dans le canton de Genève, quel que soit son lieu de résidence, doit percevoir au minimum 24,59 CHF/h en 2026. La nationalité, le permis (G, B, C) ou la domiciliation française sont indifférents : le critère retenu est le lieu de l’activité économique.
Quelle sanction pour un employeur qui ne respecte pas le salaire minimum à Genève ?
L’employeur s’expose à une amende administrative pouvant atteindre 30 000 CHF par cas, portée à 60 000 CHF en cas de récidive, en vertu de l’article 39P de la LIRT. L’OCIRT peut également prononcer une exclusion temporaire des marchés publics et obliger l’employeur à régulariser les arriérés de salaire sur cinq ans.
Le 13ᵉ salaire est-il obligatoire à Genève ?
Le 13ᵉ salaire n’est pas obligatoire par défaut au niveau cantonal genevois. Il devient contraignant uniquement s’il est prévu par le contrat de travail individuel, par une convention collective de travail (CCT) applicable au secteur ou par un usage établi de l’entreprise. La majorité des employeurs genevois pratiquent toutefois le 13ᵉ salaire.
Depuis quand le salaire minimum existe-t-il à Genève ?
Le salaire minimum cantonal est entré en vigueur le 1ᵉʳ novembre 2020, à un taux initial de 23 CHF/h, suite à l’acceptation de l’initiative populaire « 23 frs, c’est un minimum ! » par 58,16 % des votants genevois le 27 septembre 2020. Le taux est indexé chaque année sur l’IPC.
Quels secteurs ont un salaire minimum supérieur à Genève ?
Plusieurs secteurs sont régis par des conventions collectives de travail (CCT) fixant des minima supérieurs : hôtellerie-restauration (CCNT, 4 219 CHF brut/mois pour les profils non qualifiés en 2026), nettoyage Suisse romande (21,82 CHF/h pour entretien courant), construction (entre 5 600 et 6 800 CHF/mois selon classe), sécurité privée (autour de 4 350 CHF/mois) et coiffure (4 200 CHF/mois).
Sources
- État de Genève — Montant et calcul du salaire minimum
- État de Genève — Qui n’est pas soumis au salaire minimum
- LIRT — Loi sur l’inspection et les relations du travail (RS J 1 05)
- FER Genève — Salaire minimum 2026 fixé à 24,59 CHF/h
- GAV-Service — Registre fédéral des conventions collectives de travail
- Code des obligations (CO), art. 128 (prescription) et 322 (salaire)
- Confédération suisse — Manuel du salaire minimum dans le canton de Genève
Conclusion
Le salaire minimum genevois de 24,59 CHF/h en 2026 (soit ~ 4 475 CHF brut/mois pour 42 h) est le plus élevé de Suisse et structure l’ensemble des décisions RH des entreprises actives dans le canton. Sa conformité exige une vigilance permanente : indexation annuelle, articulation avec les CCT supérieures, traitement identique des frontaliers et exposition à des amendes de l’OCIRT jusqu’à 60 000 CHF en cas de récidive. RISTER® accompagne les employeurs établis à Genève dans la gestion mensuelle des salaires, le contrôle de conformité OCIRT et la documentation des arriérés. Pour une vision pan-suisse cantonale, consultez notre guide complet du salaire minimum en Suisse ou contactez notre équipe.


