La représentation fiscale en Suisse est l’obligation, pour une entreprise étrangère assujettie à la TVA suisse sans domicile ni siège sur le territoire, de désigner un représentant établi en Suisse pour s’acquitter de ses obligations de procédure (art. 67 al. 1 LTVA). Le représentant sert d’adresse de notification et d’interlocuteur de l’Administration fédérale des contributions (AFC). Il ne devient ni le débiteur de la TVA, ni un établissement stable de l’entreprise.
Ce guide expose qui doit réellement désigner un représentant fiscal, qui en est dispensé malgré un chiffre d’affaires élevé, ce que la révision de la LTVA a changé au 1er janvier 2025, l’étendue exacte de la responsabilité du représentant et les coûts observés sur le marché suisse. RISTER®, fiduciaire à Genève depuis 25 ans, agit comme représentant fiscal TVA pour des sociétés européennes et extra-européennes.
Ce qu’il faut retenir
- Base légale : art. 67 LTVA. L’obligation naît de l’assujettissement, pas de l’activité en soi.
- Seuil : CHF 100’000 de chiffre d’affaires mondial issu de prestations non exclues du champ de l’impôt (art. 10 al. 2 let. a LTVA).
- Dispense fréquente : l’entreprise étrangère qui fournit exclusivement des prestations de services localisées en Suisse selon l’art. 8 al. 1 LTVA reste libérée, quel que soit son chiffre d’affaires (art. 10 al. 2 let. b LTVA).
- Qui peut représenter : toute personne physique ou morale domiciliée ou ayant son siège en Suisse. Aucun agrément, aucun monopole professionnel.
- Responsabilité : le représentant n’est solidairement responsable de l’impôt éludé que s’il a intentionnellement commis une infraction ou y a participé.
- Sûretés : l’AFC y renonce en règle générale pour les entreprises étrangères.
Sommaire
- Qu’est-ce que la représentation fiscale en Suisse ?
- Qui doit désigner un représentant fiscal TVA
- Les dispenses que l’on vous signale rarement
- Ce que la révision de la LTVA a changé au 1er janvier 2025
- Qui peut être représentant fiscal en Suisse
- La responsabilité du représentant : ce que dit réellement le droit suisse
- Sûretés et garanties bancaires : rétablir les faits
- La procédure d’immatriculation étape par étape
- Le mandat de représentation fiscale : contenu et portée
- Ce que fait un représentant fiscal au quotidien
- Combien coûte une représentation fiscale en Suisse
- Représentation fiscale ou société suisse : comment trancher
- FAQ
Qu’est-ce que la représentation fiscale en Suisse ?
La représentation fiscale est le mécanisme par lequel une entreprise étrangère assujettie à la TVA suisse se dote d’un point d’ancrage juridique sur le territoire. L’art. 67 al. 1 LTVA le formule ainsi : « Pour s’acquitter de ses obligations de procédure, l’assujetti qui n’a ni domicile ni siège sur le territoire suisse désigne un représentant qui a son domicile ou son siège en Suisse. »
La fonction est procédurale avant d’être fiscale. Le représentant reçoit les notifications de l’AFC, dépose les décomptes, répond aux demandes de renseignements et sert d’adresse en Suisse. L’entreprise étrangère, elle, reste seule débitrice de la TVA et seule titulaire du numéro d’assujettie.
Représentation TVA et représentation en matière d’impôts directs
Les deux notions se confondent souvent dans les recherches, alors qu’elles ne relèvent pas du même corpus. La représentation prévue à l’art. 67 LTVA concerne la taxe sur la valeur ajoutée uniquement. Une entreprise étrangère peut être tenue de désigner un représentant TVA sans être imposée en Suisse sur son bénéfice.
L’art. 67 al. 3 LTVA le confirme expressément : la désignation d’un représentant « ne fonde pas un établissement stable au sens des dispositions sur les impôts directs ». Autrement dit, nommer un représentant fiscal n’ouvre pas la porte à l’imposition du bénéfice en Suisse. Ce point rassure les directions financières qui craignent un effet de contagion fiscale, et il est trop rarement énoncé.
Conseil RISTER
Avant toute démarche, faites établir une analyse du lieu de la prestation. Beaucoup d’entreprises étrangères engagent une immatriculation TVA dont elles n’avaient pas besoin, parce que la question posée était « ai-je un client en Suisse ? » plutôt que « où se situe le lieu de ma prestation au sens des art. 7 et 8 LTVA ? ».
Qui doit désigner un représentant fiscal TVA
L’obligation de représentation découle de l’assujettissement. Une entreprise étrangère doit donc d’abord déterminer si elle est assujettie à la TVA suisse. Si elle l’est, et qu’elle n’a ni domicile, ni siège, ni établissement stable en Suisse, la désignation d’un représentant devient obligatoire pour son inscription au registre des assujettis.
Le seuil de référence est celui de l’art. 10 al. 2 let. a LTVA : est libéré de l’assujettissement quiconque réalise en un an, sur le territoire suisse et à l’étranger, un chiffre d’affaires total inférieur à CHF 100’000 provenant de prestations non exclues du champ de l’impôt. Le chiffre d’affaires mondial sert de référence, ce qui surprend souvent : une société française réalisant CHF 30’000 en Suisse mais plusieurs millions en France dépasse le seuil.
Les quatre situations qui déclenchent l’assujettissement
| Situation | Base légale | Représentant fiscal requis |
|---|---|---|
| Livraison de biens avec transfert du pouvoir de disposer en Suisse (montage, installation, livraison DDP dédouanée par le fournisseur) | art. 7 al. 1 LTVA | Oui |
| Vente par correspondance de biens de faible valeur, dès CHF 100’000 de chiffre d’affaires annuel sur ces livraisons | art. 7 al. 3 let. b LTVA | Oui |
| Exploitation d’une plateforme numérique facilitant des livraisons vers la Suisse | art. 20a LTVA, depuis 2025 | Oui |
| Prestations de télécommunications ou d’informatique fournies à des destinataires non assujettis en Suisse | art. 10 al. 2 let. b ch. 2 LTVA | Oui |
Source : loi fédérale régissant la taxe sur la valeur ajoutée (LTVA, RS 641.20), état au 1er janvier 2025.
Pour un examen complet des critères et des seuils, consultez notre guide sur l’assujettissement à la TVA suisse. La question de l’immatriculation elle-même est traitée dans notre article sur le numéro de TVA suisse. Les entreprises qui envisagent plus largement une activité sur le territoire trouveront le panorama des obligations légales, fiscales et sociales dans notre guide sur l’intervention en Suisse avec une société étrangère.
Les chantiers, montages et interventions techniques appellent une lecture conjointe avec les règles de détachement de personnel, traitées dans notre article sur la TVA et les détachements en Suisse.
Les dispenses que l’on vous signale rarement
Une entreprise étrangère peut réaliser plusieurs millions de chiffre d’affaires en Suisse sans être assujettie, ni avoir besoin d’un représentant fiscal. L’art. 10 al. 2 let. b LTVA libère de l’assujettissement, quel que soit le chiffre d’affaires réalisé, l’entreprise étrangère qui fournit exclusivement en Suisse un ou plusieurs des types de prestations suivants.
- Des prestations exonérées de l’impôt.
- Des prestations exclues du champ de l’impôt.
- Des prestations de services dont le lieu se situe en Suisse en vertu de l’art. 8 al. 1 LTVA, à l’exception des prestations de télécommunications ou d’informatique fournies à des destinataires non assujettis.
- La livraison d’électricité, de gaz par le réseau ou de chaleur produite à distance à des assujettis en Suisse.
Le troisième cas est de loin le plus fréquent. Un cabinet de conseil, une agence, un bureau d’ingénieurs ou un éditeur de logiciels qui facture des entreprises suisses relève en principe de l’art. 8 al. 1 LTVA, dont la règle est que le lieu de la prestation est celui du destinataire. Le prestataire étranger reste alors libéré de l’assujettissement, et c’est le client suisse qui déclare la TVA au titre de l’impôt sur les acquisitions.
L’impôt sur les acquisitions, ou pourquoi votre client suisse s’en charge
L’art. 45 al. 1 let. a LTVA soumet à l’impôt sur les acquisitions les prestations de services localisées en Suisse fournies par des entreprises étrangères non inscrites au registre des assujettis. Le destinataire acquitte l’impôt s’il est lui-même assujetti, ou s’il acquiert pour plus de CHF 10’000 de telles prestations dans l’année civile (art. 45 al. 2 LTVA).
Ce mécanisme d’autoliquidation déplace la charge déclarative vers le client suisse. Il explique pourquoi une part importante des prestataires de services étrangers n’a aucune démarche à effectuer en Suisse, contrairement à ce que suggèrent les pages commerciales qui présentent la représentation fiscale comme un passage obligé.
Important
La dispense de l’art. 10 al. 2 let. b LTVA tombe dès qu’une livraison de biens localisée en Suisse s’ajoute aux prestations de services. Le mot « exclusivement » est strict : une seule livraison avec montage sur site, une seule vente de matériel dédouanée à votre nom, et l’assujettissement s’ouvre pour l’ensemble de l’activité.
Ce que la révision de la LTVA a changé au 1er janvier 2025
La révision partielle de la LTVA, adoptée le 16 juin 2023 et entrée en vigueur le 1er janvier 2025, a modifié trois points qui touchent directement les entreprises étrangères représentées en Suisse.
La dispense possible de représentant fiscal (art. 67 al. 1bis LTVA)
L’AFC peut désormais « renoncer à exiger la désignation d’un représentant au sens de l’al. 1 si l’accomplissement des obligations de procédure de l’assujetti et la prompte exécution de la présente loi sont garantis d’une autre manière ». La faculté est discrétionnaire et les cas d’application ne sont pas détaillés dans la loi.
En pratique, l’inscription en ligne au registre des assujettis reste conçue autour de la désignation d’un représentant. Il serait imprudent de bâtir une entrée sur le marché suisse en pariant sur cette dispense sans instruction préalable du dossier auprès de l’AFC.
Les plateformes numériques réputées fournisseurs (art. 20a LTVA)
Quiconque facilite des livraisons en mettant en relation vendeurs et acheteurs au moyen d’une plateforme numérique est réputé fournisseur de la prestation à l’égard des acheteurs. La plateforme devient assujettie et, si elle est étrangère, doit désigner un représentant fiscal en Suisse. Les acteurs qui se limitent au traitement des paiements, à la publicité ou à la mise à disposition d’espaces d’annonces ne sont pas visés (art. 20a al. 2 LTVA).
Le décompte annuel sur demande (art. 35 al. 1bis let. b LTVA)
Les assujettis dont le chiffre d’affaires annuel provenant de prestations imposables ne dépasse pas CHF 5’005’000 peuvent demander à décompter annuellement, avec versement d’acomptes. Cette option allège sensiblement la charge administrative des structures étrangères à volume modéré.
Qui peut être représentant fiscal en Suisse
L’AFC est explicite sur ce point : toute personne physique ou morale ayant son domicile ou son siège en Suisse est admise comme représentant fiscal. Il n’existe ni agrément, ni liste officielle, ni monopole réservé aux fiduciaires, aux avocats ou à un corps de métier particulier. Un particulier domicilié en Suisse peut juridiquement endosser le rôle.
Cette absence d’encadrement déplace le risque. Puisque l’État ne filtre pas, la sélection du représentant relève entièrement de l’entreprise étrangère, et les conséquences d’un mauvais choix sont supportées par elle seule.
Les critères qui comptent réellement
- Continuité de l’adresse de notification. Une décision de l’AFC notifiée au représentant fait courir les délais de recours. Un représentant injoignable pendant trois semaines vous fait perdre un délai, pas lui.
- Maîtrise technique de la LTVA. La ventilation des taux, le traitement des importations et la déduction de l’impôt préalable se jouent au décompte, pas au moment de l’inscription.
- Articulation avec la douane. Les entreprises qui importent ont besoin d’une lecture conjointe de la TVA à l’importation et de la déduction de l’impôt préalable. Notre guide sur la TVA à l’importation en Suisse détaille ce point.
- Capacité de reprise d’historique. Un changement de représentant en cours de mandat suppose de reprendre les périodes ouvertes et les éventuelles corrections.
- Permanence de la structure. Le mandat s’inscrit dans la durée. Une adresse de notification qui disparaît laisse l’entreprise étrangère sans interlocuteur face à l’AFC.
Représentant fiscal, mandataire et élection de domicile
Trois notions voisines se confondent souvent, alors qu’elles n’ont ni la même source ni les mêmes effets. Le représentant fiscal de l’art. 67 LTVA est une exigence légale liée à l’assujettissement à la TVA. Le mandataire est une simple procuration donnée à un tiers pour agir devant l’AFC, qui ne remplace pas la désignation d’un représentant lorsque celle-ci est obligatoire. L’élection de domicile désigne l’adresse à laquelle les communications sont valablement notifiées, notion utilisée dans d’autres domaines fiscaux et détaillée dans notre article sur l’élection de domicile fiscal en Suisse.
En pratique, le représentant fiscal cumule les trois fonctions : il est désigné en vertu de la loi, il agit sur procuration et il fournit l’adresse de notification. L’inverse n’est pas vrai, une simple élection de domicile ne satisfait pas l’art. 67 LTVA.
La responsabilité du représentant : ce que dit réellement le droit suisse
Le représentant fiscal suisse n’est pas solidairement responsable de la dette de TVA de l’entreprise qu’il représente, contrairement au modèle retenu en France et dans plusieurs États de l’Union européenne. L’AFC énonce la règle sans ambiguïté : les représentants ne sont solidairement responsables de l’impôt éludé que s’ils ont commis intentionnellement une infraction ou y ont participé comme instigateurs ou complices.
Le corollaire figure sur la même page officielle : les représentants ne peuvent pas être poursuivis en matière de TVA lorsqu’ils exercent leur activité sur la base des informations fournies par le contribuable, pour autant qu’ils n’aient pas commis l’infraction eux-mêmes ni y aient participé.
Pourquoi cette différence compte pour vous
Cette architecture explique deux réalités du marché suisse. D’abord, le représentant n’a pas de raison objective d’exiger de vous une caution destinée à couvrir sa propre exposition, puisqu’il n’en a pas. Ensuite, la responsabilité de la justesse des données reste entièrement chez vous : le représentant travaille sur ce que vous transmettez, et cette délégation ne vous décharge de rien sur le fond.
Important
Plusieurs prestataires actifs sur le marché francophone présentent la responsabilité solidaire du représentant comme la règle en Suisse, par transposition du droit français. Cette affirmation est inexacte au regard de la position publiée par l’AFC. Si un prestataire justifie ses conditions financières par ce motif, demandez-lui la base légale suisse sur laquelle il se fonde.
Sûretés et garanties bancaires : rétablir les faits
L’AFC renonce en règle générale à exiger des sûretés des entreprises ayant leur siège, leur domicile ou un établissement stable à l’étranger. C’est la position officielle publiée sur la page d’assujettissement des entreprises étrangères. L’administration se réserve le droit d’en exiger ultérieurement si l’entreprise ne respecte pas ses obligations de procédure dans les délais.
L’art. 93 LTVA énumère les cas dans lesquels des sûretés peuvent être demandées : recouvrement menacé, départ du territoire, débiteur en demeure, reprise d’une entreprise tombée en faillite, décomptes manifestement inférieurs à la réalité. L’art. 94 al. 2 LTVA ajoute la faculté de demander des sûretés à l’assujetti sans domicile ni siège en Suisse pour garantir de futures dettes fiscales. Ces dispositions décrivent des facultés, pas un automatisme.
| Affirmation fréquente | Ce que prévoit le droit suisse |
|---|---|
| Une caution de 3 % du chiffre d’affaires est exigée à l’inscription | Aucun pourcentage légal. L’AFC renonce en règle générale aux sûretés pour les entreprises étrangères |
| Le représentant répond solidairement de la TVA due | Responsabilité solidaire limitée à l’infraction intentionnelle ou à la participation à celle-ci |
| Nommer un représentant crée un établissement stable en Suisse | Exclu par l’art. 67 al. 3 LTVA pour les impôts directs |
| Tout prestataire étranger facturant en Suisse doit s’immatriculer | Libération maintenue pour les prestations de services relevant de l’art. 8 al. 1 LTVA (art. 10 al. 2 let. b) |
Sources : LTVA (RS 641.20) et pages officielles de l’Administration fédérale des contributions, consultées en 2026.
La procédure d’immatriculation étape par étape
L’immatriculation d’une entreprise étrangère à la TVA suisse se fait en ligne auprès de l’AFC et suppose que le représentant fiscal soit désigné dès le dépôt du dossier. L’art. 66 al. 1 LTVA impose de s’annoncer spontanément et par écrit dans les 30 jours qui suivent le début de l’assujettissement.
- Qualifier l’assujettissement. Déterminer le lieu de chaque prestation, vérifier le seuil de CHF 100’000 de chiffre d’affaires mondial et écarter les cas de libération de l’art. 10 al. 2 let. b LTVA.
- Fixer la date de début. L’assujettissement commence en principe au début de l’activité en Suisse, ce qui détermine la première période de décompte et, le cas échéant, les périodes à régulariser.
- Désigner le représentant. La procuration en faveur du représentant accompagne la demande d’inscription. L’AFC met un formulaire à disposition à cet effet.
- Constituer le dossier. Extrait du registre du commerce étranger, statuts, description de l’activité en Suisse, contrats ou factures représentatifs, coordonnées bancaires.
- Déposer la demande en ligne et suivre les compléments d’information demandés par l’AFC.
- Recevoir le numéro d’assujettie au format CHE-123.456.789 TVA, puis paramétrer les décomptes et la facturation avec mention de la TVA suisse.
Le délai de traitement dépend de la qualité du dossier déposé. Une demande complète et cohérente aboutit nettement plus vite qu’un dossier qui déclenche deux tours de questions sur la nature des prestations.
Conseil RISTER
Ne repoussez pas l’immatriculation en attendant « d’y voir plus clair ». L’assujettissement rétroagit à la date à laquelle les conditions étaient réunies, pas à celle de votre inscription. Les périodes antérieures se régularisent avec la TVA due, alors que vous ne l’avez souvent pas facturée à vos clients suisses. Cet écart reste à votre charge.
Le mandat de représentation fiscale : contenu et portée
Le mandat de représentation fiscale est un contrat de mandat au sens des art. 394 et suivants du Code des obligations, doublé d’une procuration produite devant l’AFC. Il définit ce que le représentant fait, ce qu’il ne fait pas, et comment la relation prend fin.
Les clauses à examiner avant signature portent sur des points concrets.
- Périmètre exact : immatriculation seule, décomptes périodiques, décompte de concordance annuel, représentation lors d’un contrôle de l’AFC, assistance douanière.
- Flux d’information : qui transmet quoi, sous quel format, à quelle échéance avant le délai légal de 60 jours.
- Traitement des notifications : délai de retransmission des courriers de l’AFC, canal utilisé, personne de contact désignée chez vous.
- Résiliation et reprise : préavis, remise du dossier, période de recouvrement, gestion des décomptes ouverts. Une entreprise ne peut pas rester sans représentant tant qu’elle est inscrite.
- Conservation des pièces : les documents commerciaux se conservent dix ans, et jusqu’à vingt ans pour les biens immobiliers.
Ce que fait un représentant fiscal au quotidien
Le travail du représentant fiscal se concentre sur le respect des échéances et l’exactitude des décomptes. Il ne se limite pas à prêter une adresse : l’essentiel de la valeur se joue après l’immatriculation, dans la régularité de l’exécution.
| Tâche | Fréquence | Échéance légale |
|---|---|---|
| Décompte TVA, méthode effective | Trimestrielle | 60 jours après la fin de la période (art. 71 al. 1 LTVA) |
| Décompte TVA, méthode des taux de la dette fiscale nette | Semestrielle | 60 jours après la fin de la période |
| Décompte annuel sur autorisation | Annuelle, avec acomptes | Sur demande, si le chiffre d’affaires ne dépasse pas CHF 5’005’000 |
| Correction des erreurs constatées à la clôture | Annuelle | Au plus tard dans le décompte de la période comprenant le 180e jour suivant la clôture (art. 72 LTVA) |
| Réponses aux demandes de renseignements de l’AFC | Ponctuelle | Délai fixé par l’AFC |
Source : LTVA, art. 35, 71 et 72, état au 1er janvier 2025.
S’ajoutent la vérification des taux appliqués, actuellement 8,1 % pour le taux normal, 2,6 % pour le taux réduit et 3,8 % pour l’hébergement (art. 25 LTVA), le contrôle des mentions obligatoires sur les factures suisses et le suivi des remboursements. Une entreprise étrangère non assujettie qui a supporté de la TVA suisse relève d’une procédure distincte, exposée dans notre article sur le remboursement de la TVA suisse aux entreprises étrangères. Le déroulé complet de la déclaration est détaillé dans notre guide sur le décompte de TVA suisse.
Combien coûte une représentation fiscale en Suisse
Les tarifs publiés par les prestataires suisses situent la représentation fiscale entre CHF 1’500 et CHF 4’000 par an pour un mandat standard, auxquels s’ajoute le plus souvent des honoraires d’immatriculation compris entre CHF 500 et CHF 1’500. Le coût réel dépend du volume de transactions et du nombre de décomptes, pas de la seule mise à disposition d’une adresse.
| Poste | Fourchette de marché observée | Remarque |
|---|---|---|
| Immatriculation TVA, dossier complet | CHF 500 à 1’500 | Prestation ponctuelle, à la constitution du dossier |
| Représentation fiscale, forfait annuel | CHF 1’500 à 4’000 | Adresse de notification, correspondance AFC, suivi du dossier |
| Établissement des décomptes périodiques | Inclus au forfait ou facturé par décompte | Dépend du volume de pièces et de la méthode retenue |
| Décompte de concordance annuel | CHF 300 à 900 | Réconciliation entre comptabilité et décomptes déposés |
| Sûreté ou garantie bancaire | En règle générale aucune | L’AFC y renonce pour les entreprises étrangères, sous réserve de l’art. 93 LTVA |
Fourchettes établies à partir des tarifs publics de prestataires suisses relevés en 2026. Elles ne constituent pas une offre.
Deux éléments font varier la facture bien plus que le forfait annoncé : la qualité des données transmises, car un fichier de ventes non ventilé par taux se retraite à la main, et la régularisation d’années antérieures lorsque l’immatriculation intervient tardivement. Pour une entreprise déjà active en Suisse depuis deux ans, la régularisation représente souvent le poste le plus lourd de la première année.
Si vous souhaitez une estimation adaptée à votre volume et à votre secteur, notre page dédiée présente notre mandat de représentant fiscal TVA en Suisse.
Représentation fiscale ou société suisse : comment trancher
La représentation fiscale répond à une obligation de TVA. La création d’une société suisse répond à une stratégie d’implantation. Les deux options ne se substituent pas l’une à l’autre : elles ne produisent ni les mêmes effets fiscaux, ni les mêmes obligations comptables.
| Critère | Représentation fiscale | Filiale suisse (SA ou Sàrl) |
|---|---|---|
| Portée fiscale | TVA suisse uniquement | TVA, impôt sur le bénéfice et sur le capital |
| Établissement stable | Non (art. 67 al. 3 LTVA) | Oui, imposition ordinaire |
| Inscription au registre du commerce | Non | Oui |
| Capital à libérer | Aucun | CHF 20’000 pour une Sàrl, CHF 50’000 au minimum pour une SA au capital de CHF 100’000 (art. 773 et 632 CO) |
| Représentation en Suisse | Un représentant fiscal | Au moins une personne domiciliée en Suisse habilitée à représenter la société (art. 718 al. 4 et 814 al. 3 CO) |
| Comptabilité | Décomptes TVA | Comptes annuels selon le CO, révision selon les seuils |
| Mise en place | Quelques semaines | Plusieurs semaines, avec notaire, banque et registre du commerce |
Sources : LTVA (RS 641.20) et Code des obligations (RS 220).
La règle pratique tient en une phrase : tant que votre présence en Suisse se limite à des flux de biens ou de prestations, la représentation fiscale suffit. Dès que vous employez du personnel sur place, signez des baux ou pilotez une activité depuis la Suisse, la question de l’établissement stable se pose sur le terrain des impôts directs, et l’analyse change de nature.
Une société étrangère qui franchit ce pas et constitue une entité suisse quitte le champ de la représentation fiscale pour celui de l’administration courante. Le suivi de la TVA relève alors de notre service de gestion de la TVA à Genève, distinct du mandat de représentation.
FAQ : représentation fiscale en Suisse
Qui peut être représentant fiscal en Suisse ?
Toute personne physique ou morale ayant son domicile ou son siège en Suisse est admise par l’Administration fédérale des contributions comme représentant fiscal. Aucun agrément n’est requis et il n’existe pas de liste officielle de représentants accrédités. Il n’est pas nécessaire d’être une société fiduciaire, un avocat ou un membre d’un corps de métier particulier. En pratique, la continuité de l’adresse de notification et la maîtrise de la LTVA déterminent la qualité du mandat.
Le représentant fiscal est-il responsable de la TVA due par l’entreprise étrangère ?
Non, sauf infraction intentionnelle. L’AFC précise que les représentants ne sont solidairement responsables de l’impôt éludé que s’ils ont commis intentionnellement une infraction ou y ont participé comme instigateurs ou complices. Ils ne peuvent pas être poursuivis lorsqu’ils agissent sur la base des informations transmises par le contribuable. Le régime suisse diffère donc du régime français, où la responsabilité solidaire du représentant est la règle.
Combien coûte une représentation fiscale en Suisse ?
Les tarifs publics des prestataires suisses situent le forfait annuel de représentation entre CHF 1’500 et CHF 4’000, auxquels s’ajoutent des honoraires d’immatriculation de CHF 500 à CHF 1’500 et, selon les cas, l’établissement des décomptes périodiques. Le coût dépend surtout du volume de transactions, du nombre de décomptes et de la nécessité de régulariser des périodes antérieures.
Faut-il une garantie bancaire pour s’immatriculer à la TVA suisse ?
En règle générale non. L’AFC indique renoncer à exiger des sûretés des entreprises ayant leur siège, leur domicile ou un établissement stable à l’étranger, tout en se réservant le droit d’en demander ultérieurement si les obligations de procédure ne sont pas respectées dans les délais. Aucune caution proportionnelle au chiffre d’affaires n’est prévue par la LTVA. Les art. 93 et 94 LTVA énumèrent les situations dans lesquelles des sûretés peuvent être exigées.
Une entreprise étrangère qui vend uniquement des services doit-elle un représentant fiscal ?
Le plus souvent non. L’art. 10 al. 2 let. b LTVA libère de l’assujettissement, quel que soit son chiffre d’affaires, l’entreprise étrangère qui fournit exclusivement en Suisse des prestations de services dont le lieu se situe en Suisse selon l’art. 8 al. 1 LTVA. Le client suisse déclare alors l’impôt sur les acquisitions. L’exception vise les prestations de télécommunications et d’informatique fournies à des destinataires non assujettis, qui entraînent l’assujettissement du prestataire étranger.
À partir de quel montant une entreprise étrangère est-elle assujettie à la TVA suisse ?
Le seuil est de CHF 100’000 de chiffre d’affaires annuel réalisé sur le territoire suisse et à l’étranger, provenant de prestations non exclues du champ de l’impôt (art. 10 al. 2 let. a LTVA). C’est bien le chiffre d’affaires mondial qui sert de référence, et non le seul chiffre d’affaires suisse. Une entreprise dépassant ce seuil et fournissant des prestations imposables en Suisse devient assujettie dès sa première prestation.
Nommer un représentant fiscal crée-t-il un établissement stable en Suisse ?
Non. L’art. 67 al. 3 LTVA prévoit expressément que la désignation d’un représentant ne fonde pas un établissement stable au sens des dispositions sur les impôts directs. L’entreprise étrangère reste imposée sur son bénéfice dans son État de siège. Cette séparation est l’un des intérêts pratiques du dispositif suisse pour les groupes qui vendent en Suisse sans vouloir y créer de présence imposable.
Quel est le délai pour s’annoncer à l’AFC ?
L’assujetti doit s’annoncer spontanément et par écrit à l’AFC dans les 30 jours qui suivent le début de son assujettissement (art. 66 al. 1 LTVA). Passé ce délai, l’inscription reste possible mais l’assujettissement rétroagit à la date à laquelle les conditions étaient réunies. La TVA des périodes écoulées reste due, même si elle n’a pas été facturée aux clients suisses.
Peut-on changer de représentant fiscal en cours d’activité ?
Oui. Le changement s’annonce à l’AFC avec la nouvelle procuration, et le représentant sortant remet le dossier au nouveau. L’entreprise ne peut pas rester sans représentant tant qu’elle figure au registre des assujettis, la continuité doit donc être organisée. Il convient de vérifier l’état des décomptes ouverts et des éventuelles corrections avant le transfert.
Sources
- Loi fédérale régissant la taxe sur la valeur ajoutée (LTVA, RS 641.20), Fedlex
- AFC, Assujettissement à la TVA suisse des entreprises étrangères
- AFC, Responsabilité du représentant en matière de TVA
- AFC, Taxe sur la valeur ajoutée
- Code des obligations (RS 220), art. 394 et suivants, 632, 718, 773 et 814
Conclusion
La représentation fiscale en Suisse est plus simple qu’on ne le dit sur deux points et plus exigeante sur un troisième. Plus simple, parce que le représentant n’engage pas sa responsabilité solidaire et que l’AFC renonce en règle générale aux sûretés. Plus simple encore, parce qu’une part des prestataires de services étrangers reste libérée de l’assujettissement par l’art. 10 al. 2 let. b LTVA. Plus exigeante, parce que l’assujettissement rétroagit et que les délais de 30 et 60 jours ne se rattrapent pas.
La première décision n’est donc pas de choisir un représentant, mais de qualifier correctement votre situation au regard du lieu de vos prestations. RISTER conduit cette analyse puis assume le mandat de représentation fiscale TVA pour des sociétés étrangères actives en Suisse. Pour le cadre général de la taxe, consultez notre guide complet de la TVA en Suisse, ou écrivez-nous pour un examen de votre cas.
