Le plan comptable suisse : guide complet pour PME et indépendants

par Mis à jour le 14 Apr 2026

Le plan comptable suisse est la liste structurée de tous les comptes utilisés pour enregistrer les opérations financières d’une entreprise. Organisé en 9 classes (actifs, passifs, produits, charges), il constitue le socle de toute comptabilité conforme au Code des obligations (CO). RISTER® vous explique son fonctionnement, sa structure et son application concrète pour les PME et indépendants en Suisse.

Qu’est-ce qu’un plan comptable ?

Un plan comptable est une liste ordonnée de tous les comptes qu’une entreprise utilise pour classer ses opérations financières. Chaque transaction — un paiement de loyer, une vente, un salaire versé — est enregistrée dans un compte spécifique identifié par un numéro.

Le plan comptable joue le même rôle qu’un système de classement : il garantit que chaque opération est rangée au bon endroit, de manière cohérente et retrouvable. Sans plan comptable, la comptabilité d’une entreprise serait un ensemble désordonné d’écritures impossibles à analyser.

En Suisse, l’ouvrage de référence est le Plan comptable suisse PME, publié aux éditions LEP et édité par veb.ch (Association suisse des experts en finance et en controlling). Ce plan comptable a remplacé en 2013 l’ancien modèle de l’USAM, suite à la révision du droit comptable suisse.

Conseil RISTER

Ne confondez pas le plan comptable et le bilan comptable. Le plan comptable est la structure (la liste des comptes disponibles). Le bilan est un état financier (la photo de votre situation à une date donnée). Le plan comptable sert à construire le bilan, pas l’inverse.

Pourquoi le plan comptable est indispensable pour votre entreprise

Le plan comptable n’est pas une simple formalité administrative. C’est un outil de gestion qui remplit quatre fonctions essentielles pour toute entreprise suisse.

Conformité légale

Le Code des obligations (art. 957 CO) impose à toute entreprise inscrite au Registre du commerce de tenir une comptabilité régulière. Cette comptabilité doit permettre de présenter la situation économique de l’entreprise de manière claire et vérifiable. Le plan comptable est le cadre qui rend cela possible.

Pilotage financier

Un plan comptable bien structuré vous permet de savoir exactement où va votre argent. Combien dépensez-vous en charges de personnel par rapport à vos produits d’exploitation ? Quel est le poids de vos charges fixes ? Ces réponses se lisent directement dans les comptes — à condition qu’ils soient correctement organisés.

Relations avec les tiers

Les banques, les investisseurs, l’organe de révision et les autorités fiscales s’attendent à une comptabilité structurée selon les standards reconnus. Un plan comptable conforme au modèle suisse PME facilite la lecture de vos états financiers et renforce la crédibilité de votre entreprise.

Comparabilité

L’utilisation d’un plan comptable standardisé permet de comparer vos résultats d’une année à l’autre, mais aussi de vous positionner par rapport à d’autres entreprises de votre secteur. C’est un outil d’analyse indispensable pour toute décision stratégique.

En Suisse, le droit comptable est régi par les articles 957 à 963b du Code des obligations (CO). Ces dispositions définissent qui doit tenir une comptabilité, comment elle doit être organisée et quels documents doivent être établis.

Qui doit tenir une comptabilité complète ?

Selon l’article 957 CO, les entreprises suivantes sont tenues de tenir une comptabilité complète et d’établir des comptes annuels (bilan, compte de résultat et annexe) :

  • Les sociétés anonymes (SA), sociétés à responsabilité limitée (Sàrl) et sociétés coopératives, quelle que soit leur taille
  • Les entreprises individuelles et sociétés de personnes réalisant un chiffre d’affaires annuel supérieur à CHF 500’000
  • Les associations et fondations tenues de s’inscrire au Registre du commerce

La comptabilité simplifiée

Les entreprises individuelles et sociétés de personnes dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à CHF 500’000 peuvent tenir une comptabilité simplifiée. Celle-ci se limite à un relevé des recettes et des dépenses, complété par un état du patrimoine (actifs et passifs).

Important

Même en comptabilité simplifiée, un plan comptable structuré reste fortement recommandé. Il facilite l’établissement de la déclaration fiscale, la demande de crédit bancaire et le passage éventuel à une comptabilité complète si votre chiffre d’affaires dépasse le seuil de CHF 500’000.

Les 5 principes de la tenue régulière des comptes

L’article 957a CO impose cinq principes fondamentaux que le plan comptable doit permettre de respecter :

Principe Signification concrète
Enregistrement intégral Chaque transaction doit être comptabilisée, sans exception
Fidélité Les écritures reflètent la réalité économique de l’opération
Systématicité Les opérations sont classées selon un plan comptable logique et cohérent
Justification par pièces Chaque écriture est appuyée par un document (facture, contrat, reçu)
Clarté Un tiers qualifié doit pouvoir comprendre la comptabilité sans difficulté

Source : art. 957a CO, Code des obligations suisse

Le plan comptable n’est pas imposé par la loi

Point essentiel : contrairement à la France (où le Plan Comptable Général est obligatoire), la Suisse ne prescrit aucun plan comptable spécifique. L’article 957a CO exige un enregistrement systématique et clair, mais laisse chaque entreprise libre de choisir sa structure de comptes.

En pratique, le Plan comptable suisse PME (Sterchi, Mattle, Helbling, éditions LEP) s’est imposé comme le standard de facto, reconnu par les associations professionnelles (veb.ch, swisco.ch), les banques et les autorités fiscales.

La structure du plan comptable suisse PME en 9 classes

Le plan comptable suisse PME est organisé selon un système décimal en 9 classes, numérotées de 1 à 9. Chaque classe regroupe des comptes de même nature. Les classes 1 et 2 alimentent le bilan, les classes 3 à 8 alimentent le compte de résultat, et la classe 9 sert aux comptes de clôture internes.

Classe Désignation État financier
1 Actifs Bilan
2 Passifs Bilan
3 Produits d’exploitation Compte de résultat
4 Charges de matières et de marchandises Compte de résultat
5 Charges de personnel Compte de résultat
6 Autres charges d’exploitation Compte de résultat
7 Résultat des activités accessoires Compte de résultat
8 Résultat hors exploitation et exceptionnel Compte de résultat
9 Comptes de clôture Interne

Source : Plan comptable suisse PME (Sterchi, Mattle, Helbling, éd. LEP)

Chaque classe se subdivise en groupes principaux (2 chiffres), puis en groupes (3 chiffres) et enfin en comptes individuels (4 chiffres). Par exemple : Classe 1 → Groupe 10 (Actif circulant / Liquidités) → Compte 1000 (Caisse) → Compte 1020 (Banque).

Classe 1 — Actifs

La classe 1 regroupe tout ce que l’entreprise possède : liquidités, créances, stocks, machines, bâtiments, participations. Les actifs sont classés par ordre de liquidité décroissante.

Groupe Désignation Comptes courants
10 Liquidités 1000 Caisse · 1020 Banque (compte courant) · 1060 Titres
11 Créances 1100 Créances clients · 1109 Ducroire (correction de valeur) · 1170 TVA (impôt préalable)
12 Stocks et travaux en cours 1200 Marchandises · 1210 Matières premières · 1280 Travaux en cours
13 Actifs transitoires 1300 Charges payées d’avance · 1301 Produits à recevoir
14 Immobilisations financières 1400 Prêts · 1440 Participations · 1480 Cautions versées
15 Immobilisations corporelles meubles 1500 Machines · 1510 Mobilier · 1520 Véhicules · 1530 Informatique
16 Immobilisations corporelles immeubles 1600 Immeubles d’exploitation
17 Immobilisations incorporelles 1700 Brevets · 1770 Goodwill
18 Capital non libéré 1850 Capital-actions non libéré

Classe 2 — Passifs

La classe 2 regroupe tout ce que l’entreprise doit : ses dettes envers les fournisseurs, les banques, les autorités fiscales et sociales, ainsi que ses capitaux propres (capital social, réserves, bénéfice).

Groupe Désignation Comptes courants
20 Dettes à court terme 2000 Dettes fournisseurs · 2030 Acomptes reçus · 2200 TVA due
21-23 Dettes financières et sociales 2100 Emprunts bancaires CT · 2170 Dettes AVS/AI/APG · 2270 Impôt source
24 Passifs transitoires et provisions 2300 Charges à payer · 2301 Produits encaissés d’avance · 2600 Provisions
25-27 Dettes à long terme 2400 Emprunts bancaires LT · 2450 Emprunts obligataires · 2500 Hypothèques
28 Capitaux propres 2800 Capital social · 2900 Réserves légales · 2970 Bénéfice reporté · 2979 Bénéfice de l’exercice

Classe 3 — Produits d’exploitation

La classe 3 enregistre les revenus de l’activité principale de l’entreprise : ventes de biens, prestations de services, et les variations de stocks.

Groupe Désignation Comptes courants
30 Produits des ventes 3000 Ventes de marchandises · 3200 Ventes de prestations · 3400 Prestations à des tiers
32-37 Autres produits et déductions 3800 Escomptes accordés · 3900 Variations de stocks de produits finis

Classe 4 — Charges de matières et de marchandises

La classe 4 regroupe les coûts directs liés à la production ou à l’achat des biens vendus. C’est ici que se calcule la marge brute de l’entreprise.

Groupe Désignation Comptes courants
40 Achats de matières et marchandises 4000 Achats de marchandises · 4200 Achats de matières premières
45-49 Prestations de tiers et variations 4400 Prestations de sous-traitants · 4900 Variation de stocks de matières

Classe 5 — Charges de personnel

La classe 5 comptabilise toutes les dépenses liées aux collaborateurs : salaires, charges sociales patronales, prévoyance professionnelle et autres frais de personnel.

Groupe Désignation Comptes courants
50 Salaires 5000 Salaires bruts · 5200 Indemnités · 5300 Charges sociales AVS/AI/APG/AC
53-58 Charges sociales et autres 5400 LPP (2e pilier) · 5500 LAA (assurance accidents) · 5700 Formation · 5800 Autres charges de personnel

Classe 6 — Autres charges d’exploitation

La classe 6 regroupe les frais généraux nécessaires au fonctionnement de l’entreprise, indépendamment de son volume de production.

Groupe Désignation Comptes courants
60 Locaux 6000 Loyer · 6050 Charges locatives · 6100 Entretien
61-62 Véhicules et assurances 6200 Leasing véhicules · 6300 Assurances choses
63-65 Administration 6400 Électricité · 6500 Fournitures bureau · 6510 Téléphone · 6570 Informatique
66-68 Publicité, honoraires, amortissements 6600 Publicité · 6700 Honoraires · 6800 Amortissements · 6900 Charges financières

Conseil RISTER

L’erreur la plus fréquente concerne la distinction entre classe 4 et classe 6. L’achat d’un logiciel métier (directement lié à votre prestation) va en classe 4. L’achat d’un logiciel de bureautique (fonctionnement général) va en classe 6. Cette distinction impacte directement le calcul de votre marge brute.

Classe 7 — Résultat des activités accessoires

La classe 7 enregistre les produits et charges liés à des activités secondaires : revenus locatifs d’un immeuble non utilisé pour l’exploitation, revenus de participations, produits financiers.

Comptes courants Exemples
7000 Produits accessoires Revenus locatifs, commissions perçues
7500 Charges accessoires Entretien immeubles de rendement, charges financières sur placements

Classe 8 — Résultat hors exploitation et exceptionnel

La classe 8 regroupe les opérations non récurrentes : vente d’une immobilisation, gain ou perte de change, amendes, rappels d’impôts, produits ou charges exceptionnels.

Comptes courants Exemples
8000 Produits hors exploitation Gain sur vente d’actif, dissolution de provisions
8100 Charges hors exploitation Perte sur vente d’actif, amendes
8500 Produits exceptionnels Gain de change, rappels d’impôts en faveur
8510 Charges exceptionnelles Perte de change, rappels d’impôts à charge
8900 Impôts directs Impôt sur le bénéfice (fédéral, cantonal, communal)

Classe 9 — Comptes de clôture

La classe 9 est utilisée en interne pour les opérations de clôture annuelle : bilan d’ouverture, compte de résultat de clôture, et éventuellement la comptabilité analytique (centres de coûts). Ces comptes n’apparaissent pas dans les états financiers publiés.

Exemple concret : le plan comptable d’une Sàrl de services à Genève

Voici un extrait du plan comptable adapté pour une Sàrl de conseil basée à Genève, employant 5 collaborateurs, avec un chiffre d’affaires de CHF 800’000. Cet exemple illustre comment le plan comptable standard est personnalisé selon l’activité.

Compte Classe Usage concret
1000 Caisse 1 – Actifs Petites dépenses en espèces (timbres, courses)
1020 Banque UBS CHF 1 – Actifs Compte courant principal
1021 Banque UBS EUR 1 – Actifs Compte en euros pour les clients UE
1100 Créances clients 1 – Actifs Factures émises en attente de paiement
1170 TVA impôt préalable 1 – Actifs TVA payée sur les achats (récupérable)
1530 Informatique 1 – Actifs Ordinateurs portables, serveur
2000 Dettes fournisseurs 2 – Passifs Factures de fournisseurs à payer
2170 Dettes AVS/AI/APG 2 – Passifs Cotisations sociales patronales à verser
2200 TVA due 2 – Passifs TVA collectée sur les ventes
2800 Capital social 2 – Passifs CHF 20’000 (capital minimal Sàrl)
3200 Ventes de prestations 3 – Produits Honoraires de conseil facturés aux clients
4400 Prestations sous-traitants 4 – Charges Consultants externes sur les mandats
5000 Salaires bruts 5 – Personnel Rémunération des 5 collaborateurs
5300 Charges sociales 5 – Personnel AVS/AI/APG/AC parts patronales
6000 Loyer 6 – Charges Loyer des bureaux à Genève
6570 Informatique 6 – Charges Licences logicielles, hébergement cloud
6700 Honoraires tiers 6 – Charges Fiduciaire (RISTER), avocat, notaire
6800 Amortissements 6 – Charges Amortissement du matériel informatique
8900 Impôts directs 8 – Résultat Impôt cantonal et communal sur le bénéfice

Exemple simplifié — un plan comptable complet peut contenir 50 à 150 comptes selon la complexité de l’entreprise

Conseil RISTER

Remarquez les comptes 1020 et 1021 : cette Sàrl a créé un sous-compte séparé pour son compte en euros. C’est la flexibilité du plan comptable suisse — vous pouvez ajouter des sous-comptes à tout moment pour gagner en précision de gestion, à condition de respecter la logique des classes.

Plan comptable suisse vs plan comptable français (PCG)

Si vous êtes frontalier, expatrié ou entrepreneur français souhaitant créer une entreprise en Suisse, vous constaterez rapidement que le plan comptable suisse fonctionne différemment du Plan Comptable Général (PCG) français. Voici les principales différences.

Critère Plan comptable suisse PME Plan Comptable Général (PCG) français
Statut juridique Standard de facto (recommandé), non obligatoire Obligatoire pour toutes les entreprises
Structure 9 classes (1 à 9) 8 classes (1 à 8, pas de classe 9 standard)
Numérotation 4 chiffres (ex : 1020) Jusqu’à 6 chiffres (ex : 411000)
Flexibilité Très élevée : ajout libre de sous-comptes Encadrée : respect strict de la nomenclature
Classe 1 Actifs Comptes de capitaux
Classe 2 Passifs Immobilisations
Charges sociales AVS/AI/APG, LPP, LAA (système suisse) URSSAF, retraite complémentaire (système français)
TVA Taux normal 8,1%, réduit 2,6%, hébergement 3,8% Taux normal 20%, intermédiaire 10%, réduit 5,5%
Organisme de référence veb.ch / swisco.ch Autorité des Normes Comptables (ANC)

Comparaison à titre indicatif — les deux systèmes présentent des spécificités nombreuses

Important

La logique des classes est inversée entre les deux systèmes. En Suisse, la classe 1 correspond aux actifs ; en France, la classe 1 correspond aux capitaux. Cette différence est source de confusion fréquente pour les entrepreneurs ayant une expérience comptable française. Si vous venez de France, prenez le temps de vous familiariser avec la numérotation suisse avant d’enregistrer vos premières écritures.

Les 5 erreurs les plus courantes dans un plan comptable PME

En tant que fiduciaire accompagnant plus de 300 entreprises, RISTER constate régulièrement les mêmes erreurs dans la configuration et l’utilisation du plan comptable. Voici les cinq plus fréquentes.

1. Confondre charges directes (classe 4) et charges générales (classe 6)

Un achat de matériel informatique pour un projet client (classe 4) n’est pas la même chose qu’un achat de fournitures de bureau (classe 6). Cette confusion fausse le calcul de la marge brute et peut entraîner des décisions stratégiques erronées.

2. Négliger les comptes transitoires (1300 / 2300)

Les comptes transitoires (actifs et passifs de régularisation) sont essentiels pour respecter le principe de périodicité. Oublier de comptabiliser une facture d’assurance annuelle payée en décembre mais couvrant l’année suivante fausse le résultat des deux exercices.

3. Mauvaise imputation de la TVA

En Suisse, la TVA doit être correctement ventilée entre le compte 1170 (impôt préalable déductible) et le compte 2200 (TVA due). Une imputation erronée entraîne des erreurs dans les décomptes TVA trimestriels et des risques de redressement par l’AFC.

4. Créer trop de comptes inutiles

La flexibilité du plan comptable suisse est un atout, mais certains entrepreneurs créent des dizaines de sous-comptes rarement utilisés. Résultat : une comptabilité difficile à lire et à analyser. Visez la précision utile : ajoutez un sous-compte uniquement si vous avez besoin de suivre une catégorie spécifique régulièrement.

5. Passer un investissement en charge (ou l’inverse)

L’achat d’un ordinateur à CHF 3’000 est une immobilisation (classe 1, compte 1530), pas une charge de bureau (classe 6). L’erreur inverse existe aussi : imputer en immobilisation un achat de CHF 200 qui devrait être passé en charge. La pratique courante en Suisse est de fixer un seuil d’immobilisation autour de CHF 1’000.

Conseil RISTER

Définissez votre seuil d’immobilisation dès la création de votre entreprise et documentez-le. Les autorités fiscales acceptent généralement un seuil de CHF 1’000, mais ce choix doit être cohérent et appliqué systématiquement.

Comment personnaliser votre plan comptable

Le plan comptable suisse PME est un modèle de référence, pas un carcan. Chaque entreprise peut (et devrait) l’adapter à ses besoins spécifiques. Voici les principes à respecter.

Ajouter des sous-comptes

Vous pouvez créer des comptes plus détaillés à l’intérieur des groupes existants. Par exemple, si vous avez plusieurs types de prestations, vous pouvez scinder le compte 3200 en 3201 (Conseil stratégique), 3202 (Formation) et 3203 (Audit). Cela permet une analyse plus fine de votre chiffre d’affaires.

Supprimer les comptes inutiles

Une entreprise de services n’a généralement pas besoin des comptes de stocks (classe 12) ni des comptes d’achats de matières (classe 4). Simplifiez votre plan comptable en ne conservant que les comptes que vous utilisez réellement.

Respecter la logique des classes

Quelle que soit votre personnalisation, ne modifiez jamais la logique fondamentale : les actifs en classe 1, les passifs en classe 2, les produits en classe 3, etc. Cette structure garantit la lisibilité de vos comptes pour tout tiers (banque, fiduciaire, organe de révision).

Adapter selon la forme juridique

Le plan comptable d’une raison individuelle (RI) inclut un compte « Privé » (groupe 285) pour les prélèvements personnels du propriétaire. Ce compte n’existe pas dans une SA ou une Sàrl, où toute dépense privée payée par la société doit être comptabilisée en compte courant actionnaire.

FAQ : plan comptable suisse

Le plan comptable suisse est-il obligatoire ?

Le plan comptable suisse PME n’est pas imposé par la loi. Le Code des obligations (art. 957a CO) exige un enregistrement intégral, fidèle et systématique des transactions, mais laisse chaque entreprise libre de choisir sa structure de comptes. En pratique, le plan comptable suisse PME (publié par veb.ch aux éditions LEP) est devenu le standard de référence, utilisé par la majorité des PME, des fiduciaires et des logiciels comptables en Suisse.

Combien de classes comporte le plan comptable suisse PME ?

Le plan comptable suisse PME est organisé en 9 classes : les classes 1 (actifs) et 2 (passifs) alimentent le bilan, les classes 3 à 8 alimentent le compte de résultat, et la classe 9 est réservée aux comptes de clôture internes. Chaque classe se subdivise en groupes principaux (2 chiffres), groupes (3 chiffres) et comptes individuels (4 chiffres).

Quelle est la différence entre un plan comptable et un bilan ?

Le plan comptable est la structure organisationnelle : c’est la liste de tous les comptes disponibles pour enregistrer les opérations. Le bilan est un état financier produit à partir de cette structure : il présente la situation financière de l’entreprise (actifs, passifs, capitaux propres) à une date donnée. Le plan comptable est l’outil ; le bilan est le résultat. Pour comprendre le bilan en détail, consultez notre guide du bilan comptable suisse.

Peut-on personnaliser le plan comptable de son entreprise ?

Oui. La flexibilité est l’un des avantages du système comptable suisse. Vous pouvez ajouter des sous-comptes (par exemple 3201, 3202 pour détailler vos types de prestations), supprimer les comptes inutiles (les comptes de stocks pour une société de services) et adapter la structure à votre activité. La seule règle impérative est de respecter la logique des classes : actifs en 1, passifs en 2, produits en 3, charges en 4-6, etc.

Quel plan comptable pour une raison individuelle en Suisse ?

Les raisons individuelles utilisent le même plan comptable suisse PME que les SA et Sàrl, avec une spécificité importante : le compte « Privé » (groupe 285). Ce compte enregistre les prélèvements personnels de l’entrepreneur et les apports privés. Si le chiffre d’affaires est inférieur à CHF 500’000, la raison individuelle peut tenir une comptabilité simplifiée (recettes et dépenses), mais un plan comptable structuré reste recommandé pour le suivi fiscal.

Quelle différence entre le plan comptable suisse et le plan comptable français ?

Les deux systèmes diffèrent sur plusieurs points majeurs. Le plan comptable français (PCG) est obligatoire ; le suisse est recommandé mais facultatif. La numérotation des classes est différente : en Suisse, la classe 1 correspond aux actifs, tandis qu’en France, la classe 1 correspond aux capitaux. Le plan suisse utilise des numéros à 4 chiffres, le français peut aller jusqu’à 6 chiffres. Enfin, le plan suisse est plus flexible et peut être adapté librement, tandis que le PCG impose une nomenclature stricte.

Faut-il changer de plan comptable lorsqu’on passe d’une RI à une Sàrl ?

Pas nécessairement, mais des ajustements sont requis. Le passage d’une raison individuelle à une Sàrl implique la suppression du compte « Privé » (groupe 285) et l’ajout du compte « Capital social » (2800) et éventuellement d’un compte courant actionnaire. La structure globale du plan comptable (9 classes) reste la même. RISTER® accompagne régulièrement des entrepreneurs dans cette transition et s’assure que le plan comptable est correctement adapté à la nouvelle forme juridique.

Sources

Conclusion

Le plan comptable suisse PME est bien plus qu’une liste de numéros : c’est le cadre structurel qui rend votre comptabilité lisible, conforme et exploitable. Organisé en 9 classes, flexible et reconnu comme standard par les professionnels suisses, il s’adapte aussi bien aux indépendants qu’aux PME de toutes tailles. Choisir le bon plan comptable dès la création de votre entreprise, le personnaliser intelligemment et éviter les erreurs courantes — c’est la base d’une gestion financière saine. Si vous souhaitez un accompagnement expert pour structurer ou optimiser votre comptabilité, les spécialistes de RISTER sont à votre disposition.

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